Alpine A110

Essai Alpine A110 (date)               

Qui ne connait pas l’Alpine-Renault A110. Une « berlinette » qui s’est taillée un sacré palmarès en rallye grâce à des caractéristiques telles qu’agilité et légèreté. Un modèle mythique que la marque au losange a décidé de relancer. Une sacrée gageure ! Nous avons pris le volant de cette interprétation néo-rétro de la belle française des années 60-70. (Marc Lacroix)

 

Story :

1962 : créée par Jean Rédélé ; 1ère championne du Monde des Rallyes en 1973 ; fabriquée à Dieppe jusqu’en 1977.

2010 : Présentation concept Renault DeZir ; coupé sport GT électrique.

2012 : Présentation Alpine A110-50 au GP de Monaco.

2015 : présentation du concept Célébration aux 24 Heures du Mans 2015, pour les 60 ans de la marque Alpine.

2016 : Présentation du Concepts Vision au Col de Turini.

2018 : Commercialisation nouvelle A110.

Dimensions (entre parenthèses version de 1962)

A : 4.18m (3.85m)

B : 1.80m (1.52m)

C : 1.25m (1.13m)

D : 2.42m (2.10m)

Finition : Pure et Légende.

Prix : de 55.000 à 58.800€ (hors options)

Equivalents

Alpine A110 4.18m 252 ch 1080 kg dès 55.000€
Porsche 718 Cayman 4.38m 300 ch 1410 kg dès 55.272€
Alfa Romeo 4C Competizione 4.42m 240 ch 934 kg dès 72.200€*
Audi TT 4.42m 230 ch 1260 kg dès 43.100€*
Audi TTS 4.42m 310 ch 1460 kg dès 53.100€*
Lotus Elise 3.79m 217 ch 904 Kg dès 41.490€
Nissan 370Z 4.27m 328 ch 1571 kg dès 39.250€

* modèle sortant (récent update)

 

Design

Qui connait la berlinette d’antan reconnait le dessin de son héritière. Sa silhouette basse et très sportive en reprend de nombreux codes esthétique : épaules musclées, capot nervuré, 4 optiques arrondies, lunette arrière… Une incontestable réussite ce dessin !

 

La carrosserie en fibre de verre de l’A110 initiale a fait place à l’alu, également utilisé pour la structure.

 

Développée comme une voiture de course, l’A110 bénéficie d’un fond plat. Structure et une carrosserie 100 % alu permettent de rester à peine au-dessus de la tonne (1.103 kg en « full » options), un poids plume de nos jours…

 

Habitacle

Même si l’on y retrouve certains éléments Renault de grande série (commodos, écran multimédia…), l’intérieur à ambiance très inspirée « sport » nous a plu : jolis panneaux de portes, compteur 100 % numérique, volant sport, console centrale épurée, baquets Sabelt excellents et légers (13,1 Kg), pédalier et pose-pieds passager alu, cuir surpiqué, carbone…

L’A110, c’est une sportive stricte 2 places, pas une familiale… Donc côté coffre, pas de miracle. Moteur central arrière oblige, la malle arrière se limite à moins de 100 litres. L’avant accueille aussi un réceptacle d’une centaine de litres lui aussi mais dans une configuration très différente (plus grande surface mais hauteur moindre).

 

Finitions

Comme souvent, la partie basse du tableau de bord est faite de plastiques peu flatteurs. On déplorera également l’absence de rangements : pas de boîte à gants, pas de vide-poches… On aurait apprécié ne fut-ce que des filets derrière les sièges, voire sur les panneaux de portes…

 

La « Pure » a une approche minimaliste et se satisfait de l’essentiel, à l’opposé de la « Légende », qui se fait plus « bourgeoise », plus confortable.

 

La « Pure » peut bénéficier de quelques options dont certaines équipent la « Légende » (freins Brembo plus efficients, ligne d’échappement à clapet actif, jantes 18 pouces, sièges Confort réglables 6 voies, sièges chauffants, systèmes audio Focal, aides au stationnement avant et arrière avec caméra de recul…).

 

Moteur

Là où l’A110 initiale se contentait de moteurs de 1.000 à 1800cc (de 55 à 200 ch), pour un poids limité (moyenne de 625 kg), la nouvelle A110 reçoit un bloc turbocompressé 1.8-252 ch pour 1080 kg. Au final un rapport poids-puissance similaire pour les 2 générations de plus de 0.2 ch/ kg.

 

Comme à l’époque, le cœur de ce modèle se situe derrière en position centrale (porte à faux à l’époque) et la puissance est renvoyée aux seules roues postérieures.

 

Sans doute un peu paradoxal pour une voiture de ce type, la seule boîte prévue est… automatique (double embrayage) ! Commandée via 3 boutons implantés sur la console (D/ N/ R) et manipulée par palettes au volant, cette unité qui compte 7 rapports a été spécialement développée par Getrag.

 

 

Action !

On se glisse dans l’habitacle et premier constat, les baquets sont uniquement ajustables en longitudinal (ni hauteur, ni inclinaison), mais rien à dire quant à la position de conduite, facilement trouvée.

 

Mise en marche via gros bouton rouge « Start » posé sur la console. Sonorité moteur sympa. A noter le sélecteur de modes de conduite au volant.

 

L’A110 vire à plat et ne présente aucun effet de plongée au freinage mais en roulant un peu plus vite que la normale, la caisse laisse déjà apparaître un léger « flottement » ; il faudra s’y habituer. Sans doute la conséquence d’un tarage qui lui permet d’offrir un bon confort…

 

La direction se veut consistance et précise. Les montées en régime sont rapides et les passages de rapports s’effectuent à la volée et sans délai.

 

Poussons plus fort, en mode « Track ». Le régime moteur s’affiche en grand ; les aides électroniques se font plus permissives. Le « flottement » reste un peu déstabilisant. Mais le châssis se prête au jeu et une fois mis en confiance, on prend du plaisir au volant même si dans un premier temps il faut comprendre comment éviter le sous-virage.

 

Légère, agile, homogène et performante, l’A110 glisse sans coups de raquette. Le guidage reste excellent. De quoi apprécier ces joies aujourd’hui rares de la propulsion en toute sérénité et sans grandes difficultés.

 

Reste que nous ne nous sommes pas risqués à des passages rapides en longues courbes, toujours en raison de cette impression désagréable de « flottement ». Peut-être nous aurait-il fallu 2 ou 3 jours de plus pour s’y faire…

 

Avec 4″5 secondes au 0-100 km/h, l’A110 accélère comme un Porsche 718 Cayman… Le tarif de ces deux-là est du reste similaire. Justifié ou pas, à vous de juger…

 

BILAN

En reprenant ces qualités fondamentales qui ont fait le succès de son aïeule « Berlinette » (compacité/ équilibre/ légèreté), la nouvelle Alpine A110 a réussi son pari. Agile, efficace et amusante à « piloter », elle est digne de ses racines. Une belle réalisation qui nous a valu beaucoup de réflexions du badaud, souvent sous le charme, tout comme nous l’avons été aussi. Reste son tarif élevé, qui s’explique par une conception clairement orientée « course » ; si elle devrait conserver une belle cote sur le marché de l’occasion, il faudra voir comment cette auto vieillit ! Et si cela vous intéresse tout de même d’acquérir ce modèle, sachez qu’il n’existe que 2 centres Alpine en Belgique, un à Anvers, l’autre à Zaventem…