Avec six équipages privés alignés sur ses Toyota Hilux, en complément des trois officiels Toyota Gazoo Racing SA, l’équipe Overdrive Racing n’est pas passée inaperçue à l’occasion des vérifications administratives et techniques de cette quarantième édition du Dakar. Elle a même créé l’attraction auprès des médias en alignant André Villas Boas, lequel fut entraîneur de l’équipe de foot de Chelsea (2011-2012), et ex adjoint de José Mourinho. Pour ses débuts dans la discipline, le Portugais sera associé à son compatriote Ruben Faria, ex pilote moto en rallye-raid, connu notamment pour sa deuxième place sur le Dakar 2013.

Mais la formation d’outre-quiévrain compte également peser sur la course. Avec la paire française Chabot-Pillot, détentrice d’une septième place sur l’épreuve (2013) pour meilleur résultat, et dont ce sera la seizième participation, mais aussi l’Argentin Lucio Alvarez, cinquième en 2012, ou encore le Chinois Yong Zhou, treizième en 2015, copiloté pour l’occasion par le Belge Stéphane Prévot. Pour l’Argentin Alejandro Yacopini, et le Néerlandais Peter Van Merksteijn, les attentes seront en revanche quelque peu différentes, avec l’objectif avant tout de rallier l’arrivée. D’autant qu’ASO a concocté un parcours pour aventuriers au long cours, qui sillonnera le Pérou, la Bolivie puis l’Argentine, jusqu’à l’arrivée le 20 janvier prochain à Cordoba. Avec à chaque fois son lot de difficultés : les impressionnantes dunes péruviennes se jetant dans le Pacifique dès aujourd’hui, puis les très hautes altitudes en Bolivie, ou encore la redoutable étape de Fiambala en Argentine.

Passons la parole aux pilotes!

« Ce n’est pas un départ comme les autres, analyse Ronan Chabot. D’ordinaire, il y a deux ou trois premières spéciales qui permettent de monter progressivement en température. Or là on s’attaque directement à des dunes, pour une semaine, et pas n’importe lesquelles ! Cela nous promet du vrai rallye-raid d’entrée, mais on tire généralement bien notre épingle du jeu dans ce genre de journées. Les réflexes sont vite revenus à l’occasion de la séance d’essais effectuée sur place avant le départ, d’autant qu’avec la Baja Dubai puis le rallye-raid du Maroc, nous avons pas mal couru dans le sable cette année. » 

« Mon oncle a disputé deux fois le Dakar, en 1982 et 1984, lorsqu’il avait la quarantaine, détaille André Villas Boas. J’ai 40 ans aujourd’hui, et comme je suis actuellement en pause dans ma carrière professionnelle, c’était l’occasion toute trouvée. On a une vraie passion pour le sport automobile dans la famille, et j’ai toujours été attiré par l’aventure, or le Dakar en est l’incarnation même ! J’ai fait beaucoup de moto d’enduro, je suis en revanche novice en auto, aussi j’ai pour humble ambition d’essayer de franchir l’arrivée. Ruben va m’apporter toute son expérience en navigation et chaque jour s’annonce comme une nouvelle leçon. J’espère passer les dunes, c’est mon point faible je pense, car ensuite le terrain devrait plus s’apparenter à ce que j’ai connu en tests au Maroc. »

« Je suis très heureux de refaire le Dakar après une pause de trois ans, s’enthousiasme Lucio Alvarez, et le retour du Pérou au sein du parcours devrait nous réserver de très belles étapes. Il faudra faire attention de ne pas se faire piéger dans les nombreuses cuvettes que comptent les dunes locales. Mais notre Hilux est très efficace dans ces conditions. De mon côté, je me sens également affûté car je roule toute l’année en rallyes classiques dans mon pays, ainsi qu’en SSV dans le sable. »

« Je suis ravi de disputer le Dakar pour la neuvième fois, se réjouit Yong Zhou, et je veux profiter à fond de cette nouvelle participation. La dernière fois, c’était il y a trois ans maintenant, nous allons donc y aller étapes par étapes car cette épreuve nécessite d’être appréhendée avec humilité. J’adore littéralement les dunes, nous en avons d’ailleurs beaucoup chez nous, mais celles du Pérou ne sont pas celles de la Chine. J’ai le souvenir qu’en 2013, elles regorgeaient de fesh-fesh et dégageaient énormément de poussière… »

« C’est ma huitième venue sur le Dakar, la deuxième avec Overdrive Racing, explique Alejandro Yacopini. Je n’ai pas couru de l’année, aussi j’ai retrouvé le volant de mon Toyota Hilux lors de la séance de tests d’avant rallye. Mais je me suis de suite senti à l’aise avec, cette voiture me donne confiance. Les dunes du Pérou s’annoncent comme un sacré morceau, mais c’est là la conception que j’ai du Dakar : beaucoup de hors piste ! Mon objectif est avant tout de voir le terme de l’épreuve chez moi en Argentine. »

« En trois participations, se remémore enfin Peter Van Merksteijn, j’ai hélas connu trois abandons. Je veux donc faire en sorte de rejoindre l’arrivée à tout prix. Nous avons participé à deux courses en préparation, en Pologne puis au Maroc, et les sensations derrière le volant étaient plutôt bonnes. J’espère les retrouver sur ce Dakar, même si tout le monde m’a mis en garde face à l’ampleur de la tâche qui nous attend, notamment au Pérou. »