C’est une belle histoire comme on aime les raconter. Vendredi en milieu d’après-midi, John De Wilde, qui craignait de ne pouvoir tenir 3 heures seul comme il en a l’habitude dans la canicule limbourgeoise, a téléphoné à Ugo de Wilde pour l’inviter à partager le volant de sa Porsche 991 GT3 pour la première manche du Belcar. « J’étais à Francorchamps pour assister aux essais de l’ELMS, raconte Ugo. Mais j’ai changé mes plans avec grand plaisir. C’est le genre de proposition qui ne se refuse pas… »

Samedi après-midi, Ugo découvrait donc sa nouvelle monture. Et une quinzaine de tours à peine signait déjà le meilleur chrono des Porschistes. « Quelle puissance, s’exclamait-il, saisi par le coup de pied aux fesses des 500 chevaux à la sortie du ChirurgicalJ’ai dû m’habituer à l’ABS, mais aussi au manque d’appui par rapport à ma monoplace. J’avais l’impression d’en garder un peu trop sous la pédale. Il n’est pas évident de découvrir le pilotage d’une Porsche sur un circuit pardonnant assez peu une erreur comme Zolder. Mais en voyant les chronos, cela avait l’air d’aller… »

Dimanche matin, la Porsche #101 de chez Speedlover signait le 7ème chrono des qualifications sous les hallebardes, le meilleur de la catégorie Belcar 2 grâce à un excellent John De Wilde sorti juste avant que la pluie ne se transforme en déluge. « John, que j’ai rencontré pour la première fois samedi, est un très bon gentleman driver. En plus d’être un passionné charmant. Il connaît bien sa voiture et est capable d’aller très vite dès sa sortie des stands. De mon côté, je n’ai pu effectuer que deux tours sous le déluge. C’était l’enfer. Il y avait des rivières partout. Je partais en aquaplaning à du 60 km/h ! »

John se chargeait logiquement du départ sur une piste encore détrempée. « Il a vite conforté sa première place et a même creusé un bon écart sur les autres Porsche en une demi-heure à peine. Hélas, au moment de passer aux slicks, on a perdu un peu de temps dans les stands et son avance s’est quasi réduite à néant au moment où il m’a cédé le relais. Pire, en raison d’un problème lors du pit-stop nous coûtant une vingtaine de secondes, j’ai repris la piste en troisième position de la catégorie, septième au classement général. On m’avait conseillé d’économiser les pneus avec le plein en début de relais, surtout avec cette chaleur. Ce que je me suis appliqué à faire. Puis j’ai commencé à augmenter la cadence. Je suis revenu assez facilement sur la Porsche de Koen Wauters, mais ce dernier fermait toutes les portes et possède pas mal d’expérience avec cette auto sur Zolder. Je redoublais de prudence car la seule consigne que j’avais reçue de mon père était de ramener la 991 en un seul morceau. On ne pouvait pas se payer une franchise ! En plus, on avait opté au dernier moment pour des réglages pluie. Le comportement de l’auto n’était dès lors pas aussi bon que la veille. J’attendais donc sagement le bon moment pour surprendre mon rival quand la voiture de sécurité nous a tous regroupés suite à un accident juste dans mon dos que j’ai pu éviter de justesse quand une Norma a perdu le contrôle et est venu percuter la BMW i8 à la chicane Jacky Ickx. Quand j’ai vu le proto en perdition, j’ai vraiment eu le bon réflexe. »

Troisième Porsche derrière la voiture de sécurité alors qu’il restait une dizaine de minutes, Ugo s’est alors craché dans les mains pour aller chercher sa première victoire dans la plus fournie des catégories du Belcar. « Comme cela bouchonnait devant, j’ai décidé de saisir ma chance. J’ai mieux passé la butte, j’ai fait l’extérieur à Koen qui m’a laissé juste la place suffisante puis j’ai freiné très tard pour surprendre Yannick Redant. En 200 mètres, je suis passé de troisième à premier. Mon expérience de la monoplace m’a bien servi sur ce coup-là. »

La voie libre, Ugo s’envolait vers la victoire signant encore le meilleur tour en course d’une Porsche avant de coiffer la ligne au 5ème rang général, le premier en Belcar 2. « « Je n’ai jamais autant transpiré de ma vie, c’était chaud dans tous les sens du terme, souriait Ugo avant de monter sur la plus haute marche du podium. Je suis très heureux de remercier ainsi John pour la confiance placée en moi. Ce n’est pas évident de donner une telle voiture à un gamin de 17 ans qu’on ne connaît pas. Je suis très content aussi pour toute la petite équipe Speedlover d’André Van Hoof qui a fait du bon boulot. On ne va pas dire que ce résultat est inespéré car je suis toujours là pour gagner, mais j’espère qu’il pourra m’ouvrir d’autres portes et perspectives pour l’avenir. »

Un futur qui, après quelques jours de vacances bien méritées, passera par la prochaine manche du championnat d’Eurocup Formula Renault, début septembre au Nürburgring.

Source: Com