« Je sais comment un pilote réagit quand il est derrière le volant »

Au moment de dresser le bilan de la première saison du TCR Benelux, il a été question de mieux définir le rôle et les responsabilités des officiels. Ainsi, pour la finale du championnat 2016, les Commissaires sportifs avaient déjà pu bénéficier du point de vue d’un ancien pilote jouant le rôle de « Race adviser ». En 2017, Kronos Events et le RACB Sport iront encore un peu plus loin en renforçant la structure officielle. Ainsi, un « Race adviser » sera de nouveau présent pour assister les deux Commissaires sportifs permanents, ITS Chrono devient le nouveau chronométreur de toutes les épreuves organisées par Kronos Events et un nouveau Directeur de course a été désigné pour le TCR Benelux en la personne de Daniel Herregods.

C’est un euphémisme de dire que Daniel Herregods, en tant que Directeur de course, sait exactement comment les pilotes doivent recevoir les instructions des officiels puisqu’il a lui-même été très longtemps derrière le volant. Il compte en effet à son actif plus de 500 départs, que ce soit en monoplace, en Tourisme, en GT, en rallye ou en sport prototypes.

« C’est en effet très positif de faire appel à quelqu’un qui a participé à un nombre incalculable de courses de très haut niveau et qui sait exactement ce qui se passe dans la tête d’un pilote qui lutte avec des adversaires, » sourit ce parfait quadrilingue de 63 ans. « Mais la Direction d’une course sera quelque chose de totalement nouveau pour moi. Depuis quelques temps, je suis donc constamment plongé dans les règlements, leurs annexes, le déroulement des procédures, etc. Heureusement, je pourrai compter sur l’aide et l’énorme expérience de Laurent Voogt, qui sera à mes côtés durant les week-ends du TCR Benelux. Par contre, pour analyser le comportement des pilotes, je ne me fais pas de souci. Je pourrai non seulement me baser sur mon expérience en compétition, mais aussi sur toutes mes années en tant qu’instructeur de conduite et de pilotage. Je pense que je pourrai combiner ces deux volets lors de l’application de la réglementation. »

Après avoir été vice-champion d’Europe en Formule Super VW (derrière Arie Luyendyk, double lauréat par la suite des 500 Miles d’Indianapolis), Daniel a disputé en 1978 le Championnat d’Europe de Formule 3 sous les couleurs de la fondation Racing for Belgium – soit l’ancêtre de l’actuel RACB National Team – puis le très relevé championnat britannique Vandervell F3. Le Bruxellois a ainsi affronté des pilotes comme Alain Prost, Nelson Piquet, Nigel Mansell, etc. En tout, 17 représentants de cette génération ont accédé à la Formule 1.

« Mais la Formule 3 devenait de plus en plus professionnelle et la génération montante, notamment avec Alain Prost et Thierry Boutsen, arrivait. Avec ma carrure et mes petits budgets, je n’avais en outre pas vraiment le profil d’un pilote de F1. »

Via ses relations avec le Belgian VW Club, Daniel avait déjà roulé en voiture de Tourisme auparavant (notamment en 1977 lors des débuts de la VW Golf GTI aux 600 Km de Spa et aux 24H de Francorchamps) et il a aussi évolué en rallye par la suite. En parallèle, il a continué son parcours en circuit en rejoignant la prestigieuse équipe Joosen Racing/BMW Juma Team et il a aussi terminé les 24 Heures du Mans au volant d’une Rondeau.

« Par après, j’ai été à la base de la naissance de RAS Sport, le team qui a notamment été dirigé par le regretté Henri Lotterer, le père d’André. J’ai remporté avec eux le Groupe N en Audi quattro lors du Bianchi Rally et du Rallye du Condroz. En circuit, nous avons été Champion et vice-champion d’Europe des voitures de Tourisme Division 1 avec deux VW Scirocco. »

Comme de nombreux pilotes, Daniel est devenu instructeur avant de créer sa propre école, Driving-Know-How. Avec ce concept de perfectionnement à la conduite, il a finalisé une pédagogie spécifique tout en découvrant… la VW Fun Cup !

« Je travaillais intensément la technique du regard, notamment en optimalisant la capacité d’anticipation des stagiaires. Nous utilisions des caméras embarquées pour expérimenter, comprendre et démontrer « en gros plan » les erreurs de conduite sur une piste de faible adhérence. Et c’est comme ça que le RACB m’a demandé de gérer les tests des débutants qui désiraient avoir la licence pour rouler en VW Fun Cup. J’étais donc présent à Chimay en 1997 pour la toute première course de la VW Fun Cup ! »

Vingt ans plus tard, Daniel est plus que jamais impliqué dans la problématique de la sécurité routière. En plus d’un rôle d’expert judiciaire pour certains tribunaux, il travaille en effet pour 14 compagnies d’assurance qui lui confient l’audit du risque et l’accompagnement de conducteurs impliqués dans des accidents de la circulation. L’objectif: le maintien ou l’éventuelle attribution d’une nouvelle assurance auto.

Dans la foulée de son père, qui roulait en tant qu’amateur en moto-cross et qui dirigeait une station d’essence à Evere, il paraissait presque évident que Daniel hériterait de sa passion de l’automobile.

« Éh oui ! » rigole Daniel. « Mon père avait fait connaissance avec le sport automobile en tant que commissaire de piste et j’ai moi-même exercé cette fonction quand j’avais 16 ans. C’est ça qui m’a donné l’envie de rouler moi-même ! La boucle est donc bouclée. Grâce à toute cette expérience, j’espère pouvoir rendre en TCR Benelux un verdict le plus juste possible lors des incidents qui sont toujours possibles dans des courses de ce genre, avec des luttes portière contre portière. »

(Mis en ligne par B. Verstraete; photos J. Letihon)