Lancée à une époque où la marque était présente sur le Championnat du Monde des Rallyes, la Škoda Octavia RS a toujours été appréciée ; 200.000 exemplaires ont trouvé acquéreur, dont plus de la moitié rien que pour la 3e génération (voir notre Story Octavia RS). Avec son 4e opus, la familiale de Mladá Boleslav remet le couvert et elle fait bien, car si la concurrence fut rude voici quelques années, elle s’inscrit aujourd’hui comme une rareté en voie de – inéluctable ? – disparition : les familiales sportives. D’autant mieux que Škoda a eu la bonne idée de conserver des propositions thermiques essence (TSI) et diesel (TDI), en plus de sa toute nouvelle version hybride rechargeable, développée afin de limiter ses émissions de CO2. Nous avons comparé la TSI et l’iV (hybride), toutes deux fortes de 245 ch. (18.12.2021 – Marc Lacroix / illustrations constructeur)

DESIGN

Par rapport à l’Octavia 4 « classique » présentée le 11 novembre 2019 à Prague, la version RS lancée en mars 2020 se distingue à des boucliers spécifiques et plus agressifs, ainsi qu’au noir, omniprésent à divers niveaux (calandre, grilles, boîtiers de rétros extérieurs, cadres fenêtres).

Les jantes alliage, également noires, sont des 18 pouces en série (19 en option) ; étriers frein finition rouge. Mis à part la trappe pour la prise électrique (aile avant gauche), rien ne distingue vraiment le TSI de d’iV.

Les 2 carrosseries sont proposées (berline et, moyennant un millier d’euros de plus, break Combi) ; barres de toit et diffuseur du Combi sont également noires ; le becquet posé sur le dessus du hayon est en revanche en couleur carrosserie. Notons aussi les sorties échappement décoratives chromées.

HABITACLE

Connotation sportive également bien marquée par large présence de la couleur noire ; habitacle agréable à l’œil bien que forcément sombre ; volant sport multifonction cuir 3 rayons et méplats ; sièges avant sport appuie-tête intégrés (baquets ergonomiques optionnels) ; surpiqûres rouge (ou gris argent) pour volant, accoudoirs, tableau de bord, panneaux de portes et sièges ; inserts décoratifs carbone ; pédales alu.

Au bénéfice d’une meilleure ergonomique, vrais boutons conservés (volant et console) plutôt que ces peu commodes fonctions tactiles récemment montées sur les VW ; dernier système MIB de VW lent au démarrage et parfois victime de bugs.

Coffre généreux de coffre 640 litres ; légèrement amputé en version iV (450 lit) en raison ajout batterie.

TECHNIQUE

3 déclinaisons techniques sont proposées : diesel TDI 2.0-200 ch, essence TSI 2.0-245 ch et iV hybride rechargeable 245 ch (base TSI 1.4-150 ch couplé à unité électrique, avec batterie 13 kWh) ; boîte manuelle en série (DSG optionnelle) ; possibilité traction intégrale avec diesel.

EQUIPEMENT

Compteurs numériques Virtual Cockpit (avec configuration Sport supplémentaire), Driving Mode Select ; phares Full LED Matrix de série ; équipement général complet de série.

A BORD

Excepté quelques plastiques durs (contreportes et parties basses), présentation, qualité de matériaux et de finition flatteuses ; décoration sobre et rassurante ; ajustements précis ; traditionnelles petites astuces habituelles de Škoda ; en fait, pas grand-chose à lui reprocher…

Excellents sièges baquet ; maniements tablette facilités par rebords (nous préférons ce choix à une intégration dans la planche de bord) ; attention toutefois de ne pas happer par erreur les boutons poussoirs avec le talon de la main en prenant appui sur le rebord inférieur du tableau de bord ; espace arrière généreux.

SUR LA ROUTE

Dans les 2 cas, nous disposions de la boîte DSG7 commandée via un petit interrupteur à bascule plutôt qu’un levier traditionnel ; le 2 litres essence pousse naturellement ; l’apport de l’unité électrique booste le petit 1400 qui se fait convaincant ; même vide, la batterie continue d’assurer un minimum de boost à l’accélération ;réactivité fluctuante en fonction du mode de conduite et de la manière de rouler (plus on roule « en force », plus les passages sont rapides) ; direction progressive parfaitement calibrée et « parlante » ; freinage mordant et endurant ; belle stabilité quel que soit le rythme ; bon confort de suspension.

Privée de la suspension Sport RS abaissée de 15 mm et du différentiel à glissement limité montés sur la TSI, l’iV « pèche » par un train avant qui paraît un peu moins précis et incisif ; accélérations également moins franches pour l’iV, qui paraît moins dynamique ; dans les deux cas, mécaniques volontaires dès les bas régimes ; transition entre les 2 moteurs de pour l’iV douce et imperceptible ; différences de réactivité entre les modes Eco, Confort, Normal (par défaut) et Sport, plus Individual ; le bruit artificiel est sincèrement « too much » ; heureusement, on peut le désactiver tout en conservant les réglages Sport via le Mode « Individual » ; si le châssis se révèle à la hauteur, le train avant peinera parfois pour trouver le « grip », notamment sur le mouillé.

Profitant d’avantages fiscaux qui en font une offre intéressante pour les sociétés, l’iV vous permettra de parcourir environ 40 km en tout électrique ; la charge est toutefois limitée à un petit 3,6 kW.

BILAN

Si – normes d’émissions CO2 obligent – l’octavia RS s’est convertie à l’hybridation, Škoda a eu l’excellente idée de conserver en parallèle des variantes thermiques et ce n’est que tant mieux ; les gros rouleurs apprécieront ainsi le diesel, les plus « pures » l’essence et les sociétés l’hybride. Une offre d’autant plus intéressante que l’Octavia RS est désormais l’une des dernières familiales de ce gabarit à proposer un tel niveau de performances, break compris (à ce titre, soulignons que l’Octavia Combi est le break le plus diffusé sur le vieux-continent). Look explicitement sportif, bon niveau d’équipement, belles qualités routières, gentiment sportives, et chouette niveau de performances, l’Octavia RS reste fidèle à elle-même : pas une bombe mais un engin très plaisant. Si dans les 2 cas nous sommes en présence d’excellents compromis entre familiale et sportive, la TSI est assurément plus authentique ; pourtant de puissance similaire, l’iV est sensiblement moins dynamique. Bref, comme exprimé ci-dessus, le choix se fera selon vos envies, ou intérêts…

 

Temporairement plus de RS iV…

Depuis nos essais, Škoda a retiré l’iV de son catalogue. Un retrait provisoire d’une part décidé parce que la dotation 2022 est déjà écoulée et que, par ailleurs, les inconnues liées à la crise des semi-conducteurs ne permettent plus d’annoncer des délais avec suffisamment de précision et de fiabilité. Soulignons que l’iV est l’Octavia RS plus vendue, notamment aux sociétés. Logique…