Si certains y eurent recours autrefois (ex. PSA), Mercedes fait désormais un peu office de marginal en proposant un ensemble plug-in hybride qui conjugue l’électricité au diesel. Speed-Magazine a découvert pour vous deux breaks de ce type, désignés « de ». En voiture ! (27.03.2021 – Marc Lacroix / illustrations constructeur)

DESIGN

Look très Mercedes pour les deux modèles ; les différences qui existent entre les deux nécessiteront un bon coup d’œil… (Classe C à gauche, Classe E à droite)

 

Sous les styles très semblables, les deux breaks allemands affichent également des mensurations fort comparables, excepté en longueur et à l’empattement : 4,70/1,83/1,46/2,84 m pour la Classe C, contre 4,93/1,85/1,46/2,94 m pour la « E » (L/l/H/Empatt). (en photo, la Classe E)

 

Dans les deux cas, la ligne des vitres latérales se voit dynamiser par la forme effilée de l’arrière. A noter cet emplacement insolite pour la trappe de la prise de recharge électrique : sur la droite du… bouclier arrière. Mis à part celle-ci, et l’un ou l’autre discret monogramme, le « de » sont en tout point identiques aux autres variantes.

 

TECHNIQUE

De type propulsion, les Mercedes « de » (appellation qui désigne les diesel-hybrides) fournit 306 ch/ 700 Nm par association d’un 2 litres « mazout » de 194 ch et un moteur électrique ; batterie Lithium-métal polymère 13,5 kWh ; boîte est l’automatique 9G-TRONIC à démultiplication sélectionnée en faveur d’une consommation contenue ; Classe C et E revendiquent respectivement 0-100 km/h en 5″6 et 6″0 et vitesse maxi à 250 km/h et 230 km/h (130 km/h en électrique) ; pas mal compte tenu des poids de plus de 1.700 kg et… 2 tonnes !

 

A BORD

Comme pour toutes les Mercedes, l’habitacle est de belle qualité et bien fini, bref cossu. Pas de souci pour avaler des – très – longs trajets, vous arriverez à destination « ‘frais comme un pinson » ! Des dizaines de coloris sont sélectionnables pour conférer, via l’éclairage, l’ambiance qui vous sied le mieux.

 

Les nombreux réglages des sièges (commande sur panneau de porte en forme de siège) permettent de trouver une position idéale et ainsi se sentir bien à l’aise au volant. Et à l’aise, tous les passagers se sentiront (forcément un peu moins dans la Classe C) dans ces havres de paix créés par Mercedes.

 

La planche de bord de la C300de reste plus classique, mais elle évolue fortement avec la nouvelle Classe C présentée entre notre test et cette publication. L’écran central média haute résolution au format 16/9e de 10,25 pouces est posé sur le haut de la console.

 

Plus jeune de 2 ans que sa petite sœur (en taille !), la Classe E exhibe un équipement plus moderne, composé d’un imposant écran horizontal paramétrable face conducteur prolongé par un écran central ; le tout, ce compris côté passager, dégage impression d’espace. Commande vocale ou par gestes via l’assistant vocal intelligent MBUX. Classe…

 

La technologie de réalité augmentée pour la navigation intégrer dans des images en temps réel des informations graphiques sur la navigation et la circulation.

 

Points communs aux deux modèles, l’ergonomie de certaines commandes parfois un peu délicates, notamment pour le « galet » tactile placée sur la console, ou encore sur le volant (tactile difficile à ajuster) ; nous n’avons en tous cas pas été très convaincus… Limite, nous trouvons cela dangereux, puisque détournant l’attention du conducteur qui « se bat » avec des commandes qui ne réagissent pas au doigt et à l’œil. Un système tactile directement sur écran reste plus probant !

 

Oublié ce bel espace de charge bien plat qui font l’aspect utilitaire majeure d’un break, avec les versions hybrides, la batterie (placée au-dessus de l’essieu arrière) empiètent pas mal sur le coffre (une bonne dizaine de centimètres de haut), qui perd de surcroît 140 litres de capacité de charge ; double fond réduit occupé par le câble de charge.

 

SUR LA ROUTE

La première chose que nous souhaitons mettre en avant, c’est le confort, le bien-être et la sensation de sécurité que procurent ces deux voitures ; comme toujours (ou presque !) chez Mercedes serions-nous tentés d’écrire… (photo : Classe C)

 

Parmi les choses moins sympas constatées à bord de ces deux breaks hybrides, on citera d’abord cette pédale de freins à la consistance changeante, ce qui à la longue s’avère plutôt désagréable. Autre chose, mais ceci ne se manifeste surtout qu’à rythme plus élevé, le train avant « tire » l’auto hors trajectoire et il convient d’anticiper ses courbes pour ne pas se lancer surprendre ; un comportement clairement pataud que nous n’avons guère apprécié… (Photo Classe E)

 

La commande de boîte est celle traditionnellement connue chez « Benz », à savoir un comodo à droite du volant à 3 positions (D/N/R). Un système comme un autre, sauf qu’il faut y être habitué, car combien de fois n’avons-nous pas désenclenché la boîte (mise sur N) alors que nous voulions simplement actionner… les essuie-glaces (qui ici se commandent via le comodo de… gauche !). Pour le reste, les passages de rapports se font efficacement et en toute fluidité. (Photo : Classe E)

 

Ceux qui sont sensibles à la « musique » des mécaniques thermiques seront déçus, celles-ci ne sont vraiment pas terribles, sans compter ces vocalises auxquelles on a droit ici sans la moindre discrétion dès lors que l’on sollicite avec vigueur les machines de Stuttgart ! Un 6 cylindres aurait totalement changé la donne. (Photo : Classe C)

 

Avec le concours de l’armada électronique, capteurs et autres radars, le fonctionnement de la partie électrique anticipe la recharge au moindre lever de pied (surtout en mode… Eco), ce qui se fera parfois par le biais d’interventions plutôt intrusives de la part des aides à la conduite. Comptez environ 40 km réels en tout électrique mais cette autonomie chute forcément très vite à allures autoroutières. (Photo : Classe E)

 

BILAN

Qualité des matériaux et de finition, confort de haut niveau, luxe, raffinement, technologies avancées, silence de fonctionnement (même si un peu moins à hauts régimes…), impression de sécurité, souplesse de la mécanique, bons niveaux de performances, autonomie totale des plus intéressantes… Force est de reconnaître que les breaks « de » (diesels électrifiés, entendez hybrides) de Mercedes sont plutôt convaincants. Leur agrément de conduite est bien réel, à condition d’accepter de se cantonner dans un train de bon père de famille et si l’on accepte que leur conception n’est peut-être pas aussi rigoureuse que ce à quoi la maison étoilée nous a habitués.

 

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