L’équipe Peugeot a-t-elle d’ores et déjà course gagnée? Avec trois voitures devant et une avance de quasiment 1 heure sur le quatrième, on pourrait le dire… si ce Dakar sud-américain millésime 2018 n’était pas différent des autres.

En forme de boucle autour de San Juan de Marcona et longue de 330km, cette quatrième étape a été cruelle avec Toyota et Overdrive. Sur un terrain mêlant sable mou et portions rocailleuses, les Hilux d’Al-Attiyah et De Villiers ont souffert, multipliant les crevaisons et les ensablements.

A l’arrivée, l’addition était très lourde pour le Qatari et le Sud-Africain, qui perdaient respectivement 54 minutes et 1h13!

« C’était une très mauvaise journée pour nous, confiait Nasser Al Attiyah. On est à l’arrivée, mais on a concédé énormément de temps. On a d’abord connu deux crevaisons, sur un terrain que l’on pensait moins caillouteux. On a ensuite attaqué pour rattraper le temps perdu, mais on s’est alors enlisés deux fois. C’est là que nous avons tout perdu. À nous de faire une belle spéciale demain, car il va se passer encore beaucoup de choses. »

« On ne pouvait pas connaître pire étape, regrettait Giniel De Villiers. Jusqu’au kilomètre 120, tout allait bien et là on a connu deux crevaisons en un kilomètre, car on s’attendait forcément à du sable et on avait donc opté pour des pressions de pneus relativement basses, faute de pouvoir gonfler et dégonfler depuis l’habitacle. Or il y avait plus de rochers que prévu, et je n’avais que deux roues de secours. Le plus gros problème est survenu lorsque nous avons déjanté un pneu. Là, en cherchant un way point, on s’est posés dans un trou et on y a perdu beaucoup de temps, avant de s’enliser une nouvelle fois un peu plus loin. »

(Photo Overdrive Media)

Pour sa part, Bernhard Ten Brinke limitait les dégâts en signant le 8e temps à 42 minutes. Au général, Al-Attiyah pointe désormais à 58 minutes, précédant Ten Brinke, 5e à 1h10, et De Villiers, 8e à 1h21.

Chez Peugeot, tout aurait été parfait si Cyril Despres n’avait pas arraché une roue en tapant un rocher. Le 2e du général perd ainsi tout espoir de bon résultat.

Auteurs d’un sans-faute, Sébastien Loeb et Daniel Elena se sont offert leur première victoire d’étape cette année.

(Photo Weyens)

Peugeot a même signé un nouveau triplé sur cette étape taillée pour les buggies, Sainz suivant à 1’35 et Peterhansel à 3’16.

« La spéciale était sympa, mais compliquée avec des grosses portions de dunes et des endroits très difficiles à franchir, » notait le vainqueur du jour. « Certains concurrents vont y passer de longues heures ! Nous sommes passés à travers les pièges. Les chronos des trois PEUGEOT 3008DRK Maxi sont très serrés malgré la longueur de la spéciale. Pendant le départ sur la plage, je me suis dit qu’il ne fallait pas entrer sur les pistes en étant derrière les autres pour éviter la poussière. L’objectif était d’être devant. Le démarrage n’a pas été facile avec notre deux roues motrices et le sable mou mais nous avons néanmoins réussi à prendre le meilleur départ. Nous devrons ouvrir la route demain. L’objectif sera de ne pas faire fausse route et de suivre les copains, le cas échéant. « 

Au général, Stéphane Peterhansel mène toujours. Il possède 6’55 d’avance sur Sébastien Loeb et 13’06 sur Carlos Sainz.

Le résumé de l’étape 4 en vidéo: