Même si, une fois encore, tout n’a pas été parfait et s’il ne disposait pas de la meilleure voiture, le jeune Ugo de Wilde a démontré qu’il savait faire flèche de tous bois pour s’illustrer et même mené la course durant cinq tours au terme d’un nouvel excellent départ depuis un cinquième rang acquis sous la pluie. La manière dont il s’est défendu avec une monoplace clairement plus lente a forcé le respect des nombreux observateurs.

Le benjamin du peloton a fait vibrer ses nombreux fans, samedi après-midi à Hockenheim, devant des milliers de spectateurs restés dans le Stadium après la manche du DTM pour voir en découdre les jeunes loups aspirants tous à la F1.

En matinée déjà, sur une piste détrempée et très glissante, le Bruxellois de 16 ans avait étonné en signant le 5e meilleur chrono, sa deuxième meilleure performance de l’année en qualifications.

Mais le jeune loup n’allait pas en rester là en livrant dans la foulée une course de folie après un départ dont il a le secret sur une piste sèche.

« J’ai effectivement pris un excellent envol et réussi à doubler Caio Collet et Alexander Smolyar dès le premier virage, » sourit encore Ugo. « Il ne restait plus que les deux prétendants au titre, Oscar Piastri et Victor Martins devant moi. En luttant pour la première place au 2e virage, ils ont viré un peu large et se sont même légèrement touchés. Du coup, j’en ai profité pour passer en tête. »

Ugo creusait un petit écart et menait les cinq premiers tours. Hélas, le conte de fées s’achevait là en raison d’une auto clairement la plus lente (235 km/h) en vitesse de pointe.

«Les trois sessions d’essais avaient eu lieu sous la pluie. On n’avait donc aucune référence, on découvrait la piste dans ces conditions ce qui n’était pas facile au début. Mais surtout, le team a trop chargé mon aile avant. Du coup, j’étais posé dans les lignes droites où les autres revenaient au grand galop et je surchauffais mes pneus arrière en raison d’un important survirage. »

Mais le jeune Belge allait se battre comme un lion et vendre chèrement sa peau offrant du coup aux spectateurs la course la plus animée de l’année en résistant durant plusieurs tours aux attaques de Martins, Piastri et Collet avec des montures mieux réglées au final plus rapides d’une seconde au tour.

« Jamais je n’aurais pu tenir comme cela durant trente minutes, mais j’ai fait ce que j’ai pu. En fin de course, Grégoire Saucy, Sebastian Fernandez et Maini Kush sont revenus aussi comme des avions. Il restait deux tours et je ne voyais pas comment j’allais pouvoir les contenir. Saucy m’a doublé à un moment mais je l’ai repassé le virage suivant puis j’ai profité d’une attaque kamikaze de Maini passé très près de m’exploser au T2 pour reprendre une petite avance et conserver ma 4e place. »

Avec un petit goût de trop peu en bouche…

« Forcément quand vous avez mené les premiers tours, vous êtes toujours un peu déçu d’échouer au pied du podium. Mais honnêtement, je suis très content de la manière dont je me suis battu. Cela a été de la vraie course comme en kart avec les meilleurs de la discipline. Je ne pouvais sincèrement pas faire mieux avec le matériel entre mes mains. Pour le même prix, j’aurais même pu finir septième. Cela me semblait interminable, mais je me suis battu bec et ongles jusqu’au bout pour décrocher mon deuxième meilleur résultat de l’année après ma victoire de Monza. »

La journée de dimanche n’allait, hélas, pas autant sourire à notre représentant :

« Il s’est remis à pleuvoir cinq minutes avant le début de la 2e qualification et le team a fait le mauvais choix de me monter des pneus pluie neufs au lieu de me remettre les rodés utilisés en qualifs la veille comme l’ont fait les deux teams de pointe plus Baitech et GRS. Résultat : une modeste dixième place derrière huit pilotes chaussés de gommes usées donnant plus de grip que des nouveaux pneus pluies mettant toujours trop de temps à venir, » regrettait le pilote JD Motorsport néanmoins six dixièmes plus rapide que son équipier Leonardo Lorandi chaussé comme lui de neuf.

La deuxième course du meeting allait se dérouler dans des conditions dantesques. Longtemps on crut qu’elle serait annulée ou se disputerait sous « safety car » vu la météo. Mais après deux tours derrière la voiture de sécurité, la direction de course décidait de lâcher les bolides…

« Sincèrement, c’était dangereux car dans le peloton, comme à Monza, on ne voyait absolument rien du tout, » confessait Ugo. « J’ai donc adopté une approche prudente. Lancé à plus de 200 km/h dans la ligne droite menant vers le T6, on ne voyait qu’un mur d’eau. Tout le monde lâchait d’ailleurs les gaz par peur de percuter une voiture plus lente devant. C’était de la folie. Les fautes et tête-à-queue ont commencé à se multiplier. Je faisais de la survie. Après six ou sept tours, je pointais au 9e rang. Lorenzo Colombo a fait une erreur au T8, je l’ai doublé pour passer P8 mais dans le virage suivant il a sousviré, a touché ma roue arrière et m’a envoyé en toupille ruinant ma course. Il s’est excusé après mais cela m’a fait une belle jambe. Reparti au 13e rang, j’ai finalement terminé 11e en étant plus rapide que les quatre concurrents devant moi. Honnêtement, j’étais déjà heureux de finir cette course sans bobo car dans la foulée ma voiture devait être mise dans un container et embarquée, ce mardi, pour Abu Dhabi où l’on fera tout pour terminer la saison en beauté. De Hockenheim, je ne veux retenir que le positif avec mon 2e meilleur résultat de la saison et surtout l’ivresse d’avoir roulé en tête et bataillé avec les deux candidats au titre, des redoublants bien plus âgés que moi.»

Voilà qui doit aussi avoir renforcé la confiance de ses précieux partenaires sans qui rien de tout cela ne pourrait arriver : pas de doute, s’il trouve le soutien nécessaire pour redoubler lui aussi en Eurocup Formule 3 Renault, l’avenir lui appartient…

Source: Com