Un week-end spadois très décevant pour Ugo de Wilde rentré bredouille au terme toutefois d’une très belle deuxième course lui rendant espoir pour la prochaine manche au Nürburgring.

Ugo de Wilde ne gardera pas un souvenir impérissable de ce week-end en lever de rideau des 24H de Spa où tout a été de travers. Une fois encore, Francorchamps ne lui a pas porté chance. Loin de là…

Dès les essais libres disputés sous la canicule, Ugo s’est rendu compte que ce serait encore compliqué : « Comme au Castellet, on s’est fourvoyé dans les réglages de ma monoplace tantôt trop sous-vireuse, tantôt excessivement survireuse, » regrettait le héros local. « Pas moyen de trouver le bon compromis. Je ne me sentais pas en confiance derrière le volant. Difficile dans ces conditions d’attaquer et de donner le meilleur de soi-même. »

Sa septième place lors des essais collectifs de mercredi, à six dixièmes du meilleur temps alors que son meilleur tour avait été avorté par un drapeau rouge, lui laissait cependant encore de l’espoir. Mais dès la première qualification, le ciel spadois n’a pas été avec lui.

« Sur les trois jours d’essais, il a plu exactement cinq minutes, à la seconde où l’on devait s’élancer pour la Q1. Après un tour de reconnaissance en slicks, on est tous rentrés chausser les pneus rainurés. Il ne pleuvait que sur une partie du circuit, dans le deuxième secteur, toute la descente. Mon ingénieur m’a conseillé d’attaquer de suite au cas où la pluie redoublerait ce que j’ai fait. C’était la première fois que je roulais avec des pneus pluie sur des portions sèches et j’ai grillé mes gommes en deux tours. La piste s’est ensuite asséchée sur la fin, mais mes pneus étaient partis et j’ai commis deux erreurs pour signer un lointain 15e temps. C’est de ma faute, le manque d’expérience, désolé. »

Le mauvais sort allait s’acharner sur notre compatriote lors de la 2e séance disputée sur le sec.

« Le team m’a envoyé trop tard en piste. Ils ont pris un gros risque car ils pensaient que le chrono se ferait dans le dernier tour. Hélas, après deux tours de chauffe, je me suis pris un drapeau rouge dans mon premier tour poussé. J’ai donc dû rentrer au stand. Il ne restait plus que six minutes de qualifications et je n’avais toujours aucun chrono. C’était stressant. Quand je suis reparti, on m’a dit que j’avais un ou deux tours pour me qualifier. Le set-up avait encore changé, l’auto glissait de l’arrière et je n’ai pas pris tous les risques. Résultat, j’ai bouclé mon meilleur tour à 8 dixièmes du meilleur sur 7 km ce qui m’a renvoyé à la 16e position. Eh oui, les places sont chères en Eurocup F3 Renault ! »

Disputée le vendredi après-midi, juste avant la Super Pole des 24H, la course 1 n’allait guère plus lui sourire.

« On a essayé d’ajuster les réglages, mais une fois encore on est parti dans la mauvaise direction. L’auto sous-virait à mort, je devais tourner le volant deux fois plus fort que normalement. Et en prime, j’ai dû élargir ma trajectoire au premier freinage à la Source pour éviter l’accrochage avec un concurrent arrivant roues bloquées derrière moi. »

Dix-huitième à l’issue du premier tour, Ugo remontait péniblement au 13e rang avec une F3-R clairement délicate à piloter.

Les ultimes espoirs étaient reportés sur la seconde manche du samedi, quelques heures avant le départ des 24 Heures.

« On a avait misé sur la pluie annoncée partout et au moment de l’envol, il faisait sec bien sûr. On a donc vite modifié ce qu’on pouvait sur la grille et la voiture s’est étrangement mieux comportée avec  un réglage quelque peu hybride. Je suis parti 15e et j’ai directement dû éviter un accrochage à la sortie de la Source impliquant Amaury Cordeel. J’étais déjà douzième aux Combes. L’auto marchait bien et dès la fin du premier tour, j’ai encore pu doubler trois concurrents. »

Hélas, alors qu’il pointait déjà au 9e rang après un tour et demi, Ugo était victime du freinage raté de l’Espagnol Benavides qui l’envoyait maladroitement en tête-à-queue à Bruxelles. « J’étais fou de rage. Il a été pénalisé mais cela me fait une belle jambe. J’ai heureusement pu redémarrer le moteur et repartir avant-dernier le couteau entre les dents. Je n’avais apparemment pas de dégâts puisque dès le tour suivant j’ai signé le meilleur chrono en course. »

Ugo entamait alors une belle remontée jusqu’aux portes des points qu’il ne put, hélas, ouvrir en raison d’un drapeau rouge brandi à quelques hectomètres de l’arrivée suite à un accrochage aux Combes impliquant trois voitures dont celle du leader du championnat Victor Martins. Quand cela ne veut pas sourire…

« Je suis finalement classé 12ème au lieu de 9e (ndlr : le règlement en cas de drapeau rouge prévoit que l’on reprenne le classement du tour précédent) et je ne peux que nourrir des regrets quand je vois qu’Alex Smolyar derrière moi au moment où j’ai été percuté finit 6e. J’étais aussi plus rapide que mon équipier Leonardo Lorandi et ce dernier termine 7e. »

Voilà, ce n’était clairement pas le week-end espéré, loin s’en faut, mais Ugo, c’est dans son tempérament, veut juste garder en tête les points positifs :

« J’ai effectué une dizaine de dépassements lors de la course 2 soit plus que sur l’ensemble de ce début de saison. L’auto avait retrouvé du rythme et je me suis amusé. On est donc sur la bonne voix, j’espère, pour retrouver des réglages adaptés pour la prochaine manche au Nürburgring. Malgré mon score nul, je conserve la 6e place du championnat, la 2e des rookies. Piloter sur Francorchamps à 16 ans avec une monoplace dépassant les 250 km/h reste quelque chose d’unique, complètement fou. Enfin, le plus important, je voudrais remercier toutes les personnes, et elles sont nombreuses, qui m’ont encouragé durant ces cinq jours : ma famille toujours là pour moi, mon coach Benoît, mes cousins, amis, partenaires, tous les membres du team, mais aussi les commissaires de piste et beaucoup de spectateurs que je ne connais pas. Se sentir soutenu est encore plus important quand cela ne va pas. J’ai des partenaires et des supporters géniaux et je peux leur assurer que je ne lâcherai pas le morceau. On est plus déterminés que jamais avec JD Motorsport de renverser la vapeur et de retrouver la dynamique victorieuse du début de saison. Never give up. On n’est qu’à la moitié du championnat et je ne suis pas loin des objectifs fixés en début de saison. On va donc vite oublier ce triste week-end spadois, prendre quelques jours de vacances, s’entraîner un max et revenir plus fort, fin août, au Ring puis à Budapest. » 

Source: Com