Kenny Herremans, 30 ans, est devenu le premier champion belge de la Ford Fiesta Sprint Cup belge au terme du cinquième et dernier meeting disputé sur le TT Circuit Assen ! Ses performances – et son titre – sont la preuve qu’en Ford Fiesta Sprint Cup, il y a bel et bien de la place pour les pilotes qui ont beaucoup de talent et peu d’argent !

Alors que tes concurrents directs s’entraînaient avidement sur le TT Circuit Assen en préparation de la finale, tu étais introuvable jusqu’à vendredi soir. Tu as donc découvert le circuit le samedi lors des premiers essais libres, en signant d’emblée des chronos rapides !

“Vu que je n’ai pas été en mesure de me libérer à mon travail, et comme il faut faire attention à la dépense – et donc ne pas utiliser inutilement des pneus – j’ai limité ma préparation au visionnage d’images on-board. Ce qui m’a permis de comprendre quels types de virages assez longs le circuit comporte, et dès la première séance libre, j’ai choisi d’utiliser un nouveau train de pneus, ce qui m’a permis, après quelques réglages – la voiture était trop sous-vireuse – de tourner en 2’04’’. Lors des qualifications, j’avais l’impression d’être moins rapide, ce que semblait confirmer mon 4ème meilleur chrono. Pour la Course 1, j’ai opté pour des pneus usagés, dont j’ai rechapé les gommes arrière…’’

 

Dans la Course 1, Leburton t’as légèrement touché, ce qui t’as fait rétrograder en 7ème position derrière Thibault Parmentier.

“Par le système de grille inversée, je me suis retrouvé 7ème après le départ, me faufilant dans le sillage des leaders, au point de me retrouver en tête, chassé par Leburton et Verbesselt. Dans une manœuvre de dépassement délicate, il y a effectivement eu contact, ce qui m’a envoyé dans les bas-côtés et permis à Ayrton Redant, Verbesselt, Lagrange et donc Thibault de me dépasser. J’ai remué ciel et terre, mais il n’y avait pas de possibilité de faire mieux que 5ème. Pour la Course 2, j’ai chaussé quatre nouveaux pneus, et au départ, je me suis d’emblée retrouvé derrière Lagrange, mais devant Leburton et Redant. Avant que la Voiture de Sécurité ne monte en piste suite au crash de Thibault, j’avais dû céder ma 2ème place à Redant, mais Leburton était toujours derrière moi, ce qui m’a permis de voir d’où venait le vent…’’

 

Où as-tu gagné le championnat ?

“Dans les cinquante derniers mètres de cette dernière course, tiens ! Il était difficile d’écrire un scénario plus haletant : sans Verbesselt, on se retrouvait à trois candidats au titre dans un mouchoir de poche, et la différence entre victoire et défaite n’était pas supérieure à trois points ! La victoire à Spa m’avait donné un boost supplémentaire : si on peut gagner sur un tel circuit pour grands garçons, alors, c’est qu’on est en mesure de donner le ton partout. Cela m’a motivé lors de cette finale, jusqu’au moment où il a semblé qu’il me fallait juste terminer derrière Ayrton et rester devant Martin pour être champion. La suite était malgré tout passionnante, surtout quand Ayrton et Lagrange ont coupé tout-droit à la chicane, ce qui m’a permis de revenir à leur hauteur. Comme je connaissais exactement ma situation au championnat, je l’ai jouée en toute sécurité en restant 3ème et en engrangeant assez de points.’’

 

Quel a été ton plus dangereux concurrent ?

“Incontestablement Martin Leburton ! Tant à Zandvoort qu’à Spa ou à Assen, nous avons lutté sur le fil du rasoir. Il m’a mis une pression énorme, et pour moi, c’était encore plus amusant. Avec Longin, je ne me suis battu qu’une seule fois à Spa, lorsqu’il a pris la roue de Leburton, ce qui le laissait très proche de moi.’’

Avec une 8ème et une 7ème places lors du premier meeting, personne n’aurait osé penser que tu allais pouvoir jouer un rôle significatif dans la lutte pour le titre.

“Il convient de parler d’un manque d’expérience. En cherchant des solutions, nous avons perdu un temps précieux, et je n’ai pu faire mieux que le 12ème temps. En course, ce n’était pas beaucoup mieux, et j’étais persuadé que cette place dans le ventre mou du classement n’était pas la mienne. Grâce à un 8ème temps et l’inversion de la grille, je suis parti depuis la 3ème place en avant-programme des 24 Hours of Zolder… Et oui, il fallait attaquer dès le Premier Gauche avec des pneus froids – ce dont Philippe Huart a fait les frais – et c’était une faute de débutant ! J’ai terminé 4ème, échouant d’un rien dans la lutte pour la plus petite marche du podium. Après une belle bataille avec Philippe Huart et Jens Verbesselt, j’ai pris le meilleur pour finir 5ème. Ce qui m’a donné pas mal de confiance en moi. Je dois reconnaître que grâce au TeamFloral, j’ai pu rapidement progresser au niveau du set-up, ce qui m’a permis de mieux me sentir au volant.’’ 

Après la deuxième manche, tu t’es d’emblée retrouvé 3ème du classement derrière Stienes Longin et Ayrton Redant, mais il a semblé par la suite que tu allais être contraint au forfait pour les courses sur le Circuit de Zandvoort !

“Je n’avais pas bouclé le budget, et donc j’avais prévenu très tardivement les gars de TeamFloral qu’ils pouvaient embarquer la voiture vers Zandvoort. A ma demande, il n’avait plus touché à la voiture depuis Zolder et elle était restée à la même place dans le camion, en direction de Zandvoort. J’ai disputé les deux courses avec cette même auto, et les mêmes pneus qu’à Zolder. Dans la Course 2, je suis revenu dans le sillage de Jens, et je suis sûr qu’avec de nouveaux pneus, j’aurais pu le passer pour le gain de la 2ème place.’’

 

A Spa-Francorchamps, tu as signé le 3ème meilleur chrono absolu – le meilleur temps chez les Belges – alors que le plateau comptait quelque 32 Fiesta !

“Pour la première fois, j’étais 100% satisfait des réglages. Cela dépend aussi beaucoup de la position de conduite, et je me suis aperçu qu’avec ma grande taille, j’étais beaucoup trop haut. A Spa, j’ai demandé qu’on abaisse le baquet, ce qui m’a donné de meilleures sensations. Ce circuit, je ne l’avais également découvert que sur simulateur, et pour moi, cela a été un moment particulier lorsque j’ai abordé pour la première fois le Raidillon ! Avec la horde de Hollandais dans les parages, je ne voulais pas prendre de risques inutiles, préférant rouler avec intelligence. Chaussé de deux nouveaux pneus, j’ai réussi à prendre l’aspiration de Leburton, mais je ne suis jamais parvenu à le passer. Même scénario en Course 2, sauf que cette fois, j’ai pu laisser Leburton derrière moi, ce qui s’est traduit par une première victoire sur le Circuit de Spa-Francorchamps ! Et ça, je ne l’oublierai jamais…’’

 

Tu as remporté en 2013 un baquet dans une Mazda MX-5 dans le cadre de l’action Racing Stars, ce qui t’a permis de débuter aux 24 Heures de Zolder. Tu as tenté ta chance dans la Nissan GT Academy – sélection pour la finale internationale – avant de t’offrir un top 10 lors du Radical Cup Shootout. Après une séance d’essais au volant d’une SEAT Léon TCR avec Bas Koeten Racing, tu t’es fait plus rare. D’où te viens cette envie de te distinguer en sport automobile ?

“Après mes débuts chez les Minis en karting – j’étais de la génération de Verdonck et D’Ambrosio – l’objectif était que je passe chez les Cadets, mais mon père ne voulait plus financer mes activités. Je n’ai jamais accepté cela, et j’ai continuellement cherché une formule me permettant d’être de la partie sans disposer de gros budgets. D’où mes participations à différentes opérations de détection de talents, mais cela ne s’est jamais concrétisé par un volant pour une saison complète. Jusqu’au moment où, en début d’année, j’ai vu des photos de la Ford Fiesta Sprint Cup, et que j’ai compris que les dealers Ford pourraient y participer. Après une course de karting dans les infrastructures de Flanders Media Karting, j’ai discuté avec Bert Longin, et il m’a donné le conseil de foncer et de tenter ma chance. J’ai mis mes plus belles chaussures et j’ai pris contact avec Geert Van den Bossche, qui possède des garages Ford à Aalst, Zottegem et Ninove. Il y a eu une première discussion, au terme de laquelle il a dit qu’il donnait son accord pour m’aider – de l’une ou l’autre manière, il croyait en moi – et procédait à l’achat de la voiture ! C’était une situation idéale, car je devais trouver seulement le budget pour l’engagement de l’auto. En fait, Geert a fait en sorte que mon rêve devienne réalité, et grâce au coordinateur de la Cup belge, le TeamFloral nous était conseillé pour prendre en charge notre Fiesta, en plus des voitures de Ruben Valckenaere et Thibault Parmentier.’’   

 

Et maintenant ? Une deuxième saison en Ford Fiesta Sprint Cup ?

“Décrocher le titre, c’est pour moi, aussi bien que pour ceux qui ont continué d’y croire – avec un merci tout particulier à Geert Van den Bossche – un constat : c’est fait, le plus dur est derrière nous ! Dans une compétition où chacun dispose de moyens identiques, je suis parvenu à faire la différence. Laissons venir 2019 et une deuxième année en Ford Fiesta Sprint Cup, sous les couleurs de Ford Van den Bossche, évidemment !’’

Source: Com