Tous les détails de l’histoire de la légendaire marque automobile belge

Créée à l’aube des années soixante, la société APAL a été un des derniers constructeurs automobiles belges de renommée internationale. Tout a commencé en 1959, au cours du soir de l’Ecole de Carrosserie de la ville de Liège… Un élève ambitieux, Bruno Vidick, fait part à son professeur, Edmond Pery, de son désir de fabriquer des automobiles. Ce dernier n’en est pas à son premier coup d’essai puisqu’il a déjà réalisé plusieurs prototypes roulants. Il n’en faut pas plus pour que les deux hommes s’associent début 1960 sous le nom « Application Polyester Armé Liège ».

L’âge du plastique

Le polyester, ce nouveau matériau déjà rôdé depuis longtemps aux Etats-Unis, est une promesse d’avenir dans le monde automobile. L’enthousiasme et l’insouciance des ‘sixties’ seront le berceau d’APAL. La naïveté et l’ardeur des deux Liégeois en seront le moteur. Et puisqu’il faut bien partir de quelque chose, un châssis et un moteur VW feront l’affaire!

Avec l’APAL Coupé, lancée en 1961, Bruno Vidick et Edmond Pery espéraient concurrencer Karmann et Porsche. La voiture, vendue entre 129.500 et 156.000 FB, a brillé en compétition mais n’a été produite qu’à 97 exemplaires de 1961 à 1964.

Des débuts encourageants

Si la presse est élogieuse lors de la présentation de la première APAL Coupé en 1962, l’affaire n’est pas pour autant rentable. Construire des automobiles de façon artisanale coûte cher et le prix de vente concurrence difficilement les modèles industriels.

Trois ans plus tard, avec un peu moins de 100 Coupés construits, APAL se tourne vers la monoplace et surfe sur le succès de la Formule Vee. La construction de cette petite Formule est aisée et 375 exemplaires sortiront de l’usine de Blégny. Cette fois, APAL est gagnant.

C’est avec la Formule Vee qu’APAL a commencé à connaître un bel essor, de 1965 à 1967.

Des échecs et des réussites

Pourtant l’ambitieuse petite entreprise va connaître deux premiers échecs avec l’Horizon, trop compliquée, trop radicale, et le Samtrack trop rustique. Pour couronner le tout, un violent incendie ravage entièrement les bâtiments d’APAL alors qu’elle entame à peine la fabrication du Buggy, la voiture de jeunes qui promet de faire un malheur… Il faudra toute la ténacité et la persévérance d’Edmond Pery et de ses fidèles ouvriers pour faire renaître l’usine de ses cendres et triompher, quelques années plus tard, avec la fabrication de 5000 Buggys. Il fallait être là au bon moment!

Cet ouvrage sur APAL explique les raisons de l’échec de l’Horizon présentée au Salon de Bruxelles 1968. Il n’en a été construit que 12, dont 7 vendus « officiellement » en version finie.

Le monde de l’industrie et de la finance étant sans pitié, d’autres échecs suivront – avec toutefois la belle réussite des répliques Speedster – pour mettre un terme à l’aventure de la construction automobile liégeoise fin des années nonante, après plus de 6000 véhicules construits chez APAL.

Confidences et témoignages

Déjà auteurs de nombreux ouvrages consacrés à l’automobile et surtout à sa branche sportive, Claude Yvens et Christophe Gaascht se sont intéressés de près à l’histoire d’APAL. Ils ont réussi à rassembler d’intéressantes confidences de la part de ses deux fondateurs, Bruno Vidick et Edmond Pery, ainsi que les témoignages que leurs proches collaborateurs. Vous apprendrez ainsi comment Roland D’Ieteren a amené Edmond Pery à être un des tout premiers en Europe à s’intéresser à la Formule Vee. Et vous découvrirez les multiples projets et tentatives de production avortées qui constituent la face méconnue d’APAL.

La réputation d’APAL vient surtout du Buggy qui a rencontré un grand succès de 1969 à 1981. Le constructeur liégeois en a vendu quelque 5.500, bien balancés entre châssis court (ci-dessus) et long (à droite).

Publié grâce au dynamisme de Benoît Deliège Editions, « APAL, le défi liégeois » est un ouvrage de 176 pages au format 24 x 27cm richement illustré de quelque 250 photos et documents. Edité en collaboration avec la Fondation Belge pour le Patrimoine Auto et Moto (FSA), ce livre dévoilant l’aventure risquée d’une des dernières marques de voitures belges a le grand mérite d’être proposé en deux versions, française ou néerlandaise, au prix très raisonnable de 40 euros. ISBN: 978-2-9601019-4-2. Une bonne idée de cadeau de fin d’année ou plus simplement un must dans toute bibliothèque d’amateur d’automobile.

Benoît Deliège Editions – www.benoitdeliege.be – info@benoitdeliege.be – 087/232 008

La Speedster, réplique de la Porsche 356, a été un autre modèle à succès d’APAL, qui en a produit 700 exemplaires de 1981 à 1998, année marquant la fin de l’existence de la société.

 

L’APAL Francorchamps, basée sur la De Lorean DMC-12 et destinée aux USA, en est restée au stade de projet à cause de la dévaluation soudaine du dollar en 1985.

 

La production de l’APAL Sport One, basée sur des Pontiac Fiero d’occasion, s’est limitée à 12 ou 13 exemplaires de 1990 à 1992.

 

L’usine APAL de Blégny au milieu des années 80. Les bâtiments ont été repris par Bernard Herman, qui y a installé BHR Classic Garage.

 

Edmond Pery et Bruno Vidick (à gauche), les fondateurs d’APAL, étaient présents à Interclassics Brussels pour le lancement du livre consacré à leur entreprise. (photo BV)