Dans ce segment des compactes hyper-sportives, les constructeurs allemands montrent les muscles. C’est à qui affichera la puissance la plus élevée…

Un essai de Benoît Galand / Photos Constructeurs

Et Mercedes avait frappé fort avec la sortie de sa Classe A AMG45 forte de 360ch, qui supplantait toutes ses rivales. Mais Audi a répliqué avec une RS3 Sportback de 367ch. Du coup, le constructeur à l’étoile en a remis une couche avec le millésime 2017 de sa Classe A AMG dont la puissance monte à 381ch. Pari gagné pensait-on du côté de Affalterbach. C’était sans compter sur les ingénieurs d’Ingolstad qui ont présenté à Genève leur nouvelle RS3 Sportback forte de 400ch… Jusqu’où s’arrêteront-ils? Mercedes et Audi ont en tout cas débordé Ford (350ch avec sa Focus RS) et BMW (370ch pour la M2 Coupé)… du moins dans les chiffres. Car nous parlons bien ici d’hyper-sportives… Et cela ne se traduit pas que sur la fiche technique mais aussi dans le comportement.

Coup de loupe donc sur cette Mercedes «bodybuildée» – ce n’est pas vraiment le genre de la maison – qui affiche quand même une puissance spécifique de plus de 180ch/litre… Chez Audi, ce n’est pas un 2 litres 4 cyl. Turbo mais bien un 5 cyl. 2,5 l turbo qui anime la RS3 Sportback, soit une puissance spécifique de 160ch/l… seulement! Rayon performance, la Classe A AMG n’a pas grand chose à envier à de vraies sportives de référence: 0 à 100km/h en 4,2 sec, 250 ou 270km/h (kit en option) en pointe.

Alors qu’auparavant, AMG utilisait une voie relativement facile, une plus grosse cylindrée, pour augmenter la puissance et la performance, ils ont dû, pression environnementale oblige, revoir leur copie. Ils ont magnifiquement travaillé sur ce «petit» 4 cylindres 2 litres turbo, le supplément de 20ch de la dernière version provenant d’un travail sur le haut moteur, le calage de distribution et le turbo, sans cependant augmenter la pression de ce dernier. Les ingénieurs en ont également profité pour retravailler l’étalonnement de la boîte 7 à double embrayage.

Le conducteur lui, peut désormais choisir son mode de conduite – Confort, Sport, Sport + et Individual – via une petite molette placée au tableau de bord. Au rayon options, notons l’amortissement piloté (1250€ ), le différentiel autobloquant (2650€ pour le pack AMG Dynamic Plus) ou les sièges Performance (Pack à 3000€).

Sur la route, la Classe A AMG n’est pas un modèle de confort. Déjà dans ses versions plus sages, la Classe A ne brillait pas par son amortissement, mais ici, cela devient vachement ferme, limite casse-dos… même avec les bons sièges. Et je ne vous parle pas des passagers arrière… En même temps, c’est un peu la caractéristique d’une vraie sportive! Et au niveau comportement, cela donne quoi?

Eh bien, comme l’Audi, c’est l’efficacité qui prime. Si le mode Comfort laisse place à quelques imprécisions dans la gestion de la boîte, le mode Sport change la donne: la motricité est impeccable et les accélérations vous collent au siège… Le tout dans le râle envoûtant bien qu’artificiel du 4 cylindres turbo. L’aiguille du compte-tours bondit à chaque pression  et une petite diode nous avertit de changer de rapport à 5500tr/min… Soit tout le temps ! Il faut dire que le couple de 475Nm – énorme pour un deux litres essence – est disponible entre 2250 et 5000tr/min et que le rapport poids/puissance – 4,1kg/ch – participe également à ce sentiment très fort de poussée dans le dos.

Les sensations sont bien là. Par contre, en courbe, cela se gâte un peu avec une direction peu communicative, un sous-virage trop marqué par la faute d’une transmission intégrale trop typée «traction». On est loin du comportement joueur de la Ford Focus RS, pourtant elle aussi dotée de la transmission intégrale, ou de la BMW M2 Coupé, une vraie propulsion. Par contre, la même critique peut s’adresser à l’Audi RS3, plus efficace qu’amusante… Cette Mercedes est elle aussi diablement efficace, surtout avec le Pack AG Dynamic Plus intégrant ce différentiel, selon nous indispensable pour digérer toute cette puissance.

Très dure en suspensions, la Classe A préfère de loin le bitume plat aux routes bosselées de la campagne belge.

Il reste à parler prix : excepté la Focus RS, moins puissante et moins bien équipée, mais bien moins chère, les trois Allemandes de la catégorie se tiennent dans un mouchoir. Sur le papier, la BMW M2 Coupé est la plus chère, mais elle est pratiquement «complète» alors que, tant pour l’Audi que pour la Mercedes, vous devrez débourser plus que le prix indiqué pour avoir la voiture de vos rêves. Et entre autres, pour la Classe A AMG, le pack AMG Dynamic Plus (2650€) et l’amortissement piloté (1250€) qui nous paraissent indispensable. Pour la conso, comme sur toutes les voitures essence à moteur turbo, cela dépend avant tout de la lourdeur de votre pied droit : il faut compter entre 11 et largement plus de 20 litres en utilisation «track day».

Mercedes Classe A45 AMG: 381 ch, 4RM, 50.125 €

Les + Performances et bruit envoûtants, look

Les – Efficace mais pas amusante, supensions trop fermes

 

Les concurrentes

Audi RS3 Sportback: 400ch, 4RM, 53.780 €

BMW M2 Coupé: 370ch, 2RM, 59.350 €

Ford Focus RS: 350ch, 4RM, 40.220 €