Nani Roma fait partie des trois pilotes ayant remporté le Dakar à moto et en voiture. Depuis ses débuts en 1996, il n’a pas manqué une seule édition du Dakar Rally, fêtant sa 25e participation en 2021. Actuellement 5ème du classement général et unique représentant du team BRX-Prodrive après l’abandon de Sébastien Loeb, le vainqueur de l’édition 2014 se confie sur son nouveau défi au sein du team de David Richards.

Qu’est-ce que le Dakar Rally a de tellement spécial ?

Nani Roma (NR) : C’est unique, avec de nombreux défis. Voilà plus de 25 ans que j’y participe (deux victoires : une à moto et une en auto). C’est donc une partie de ma vie. Rejoindre l’équipe Prodrive et Bahrain Raid Xtreme est très important pour moi.

Il y a vraiment une ambiance très amicale durant le Dakar Rally. Le soir, au bivouac, tous les pilotes s’asseyent ensemble pour raconter leur journée. Il y a un réel esprit sportif fair-play que vous ne pouvez pas observer dans d’autres sports quand la rivalité prend le dessus. Ici, les équipes s’entraident. J’ai déjà croisé Carlos (Sainz) en panne de carburant et j’ai tracté sa voiture. Je sais qu’il aurait fait la même chose pour moi.

Quelles sont les sensations d’un pilote au Dakar Rally ?

NR : Nous effectuons un travail énorme et beaucoup d’essais avant la course pour être aussi bien préparés que possible. Cette année, un défi supplémentaire est venu s’ajouter quand mon copilote précédent (Daniel Oliveras) a été testé positif au Coronavirus juste avant le départ du rallye. Alex (Winocq) n’a rejoint l’équipe que le 24 décembre. Nous avons dû gérer cet élément en parallèle avec la préparation finale. Heureusement, nous travaillons très bien ensemble et on s’améliore chaque jour. Nous communiquons beaucoup et nous prenons de plus en plus de confiance chaque jour avec Hunter.

Décrivez-nous la conduite au volant du Hunter…

NR : Quand vous pensez à toutes les personnes d’expérience impliquées dans la création de cette voiture, vous ressentez directement que c’est l’une des plus grandes équipes de sport automobile au monde, très professionnelle. Penser que c’est seulement la première course de Hunter dans les dunes de sable est impressionnant. Les forces et les performances de la voiture sont vraiment très bonnes.

Que faut-il pour gagner le Dakar Rally ?

NR : L’élément essentiel n’est pas tellement la performance de la voiture mais plutôt l’aspect humain. A quel point chaque pilote est prêt à repousser ses limites. C’est une course extrêmement exigeante physiquement – à travers des centaines de kilomètres de chemins bosselés et de dunes abruptes, avec des étapes d’environ 5 heures – donc cela importe de savoir ce que chaque pilote peut endurer. Je parlais avec Carlos (Sainz) au bivouac et nous sommes d’accord : c’est bien le côté humain – nos corps – qui limite nos performances et pas tellement la vitesse ou la voiture.

A quel point ce Dakar est-il différent de celui de l’an dernier ?

NR : La navigation est plus compliquée cette année, surtout avec l’arrivée du roadbook digital. L’année dernière, nous traversions davantage d’étendues désertes alors que cette année, nous faisons face à des montagnes, des routes rocailleuses et de nombreuses difficultés de navigation.

Comment la COVID-19 a-t-elle affecté le rallye ?

NR : C’est très différent. Il n’y a pas d’hôtels et tout le monde doit rester ensemble, dans la bulle. C’était identique, il y a 25 ans, quand j’ai participé à mon premier Dakar Rally. La communauté était très soudée. C’est l’un des aspects positifs de la COVID-19.

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M.B avec Com