Essai Nissan Juke DIG-T 117 N-Design (29.05.2020)

 

Lors sa sortie, le Juke ne nous avait, personnellement, pas fait belle impression. Pourtant, ce SUV compact au look pour le moins atypique est parvenu à séduire beaucoup de monde. Par ailleurs, le Juke a accompli une carrière longue de 9 années, ce qui est long en automobile. Pour diverses raisons, cela fait un moment que nous n’avons plus roulé en Nissan et à l’heure où la marque japonaise est au cœur de l’actualité, nous avons eu envie de prendre le volant du deuxième opus de ce modèle à succès, ce que nous avons fait au travers de sa version DIG-T 117 ch. Verdict. (Marc Lacroix)

 

DESIGN

Pour succéder à un modèle dont le look de batracien pour le moins audacieux a séduit non moins de 1.500.000 utilisateurs (dont 1.000.000 en Europe), Nissan a décidé de mixer des ingrédients modernisés de la version sortante, aux fondamentaux du design actuellement développé par la marque. Une manière de rester original tout en rentrant néanmoins quelque peu dans le rang.

 

Si les phares sur deux étages sont reconduits, avec en bas les grosses optiques rondes dorénavant dotés d’une signature lumineuse « étoile », et en partie haute des feux de jour, également LED, qui s’inclinent à l’horizontale et prolongent une calandre allongée et à la largeur sensiblement rétrécie, encadrée par un généreux jonc chromé.

 

Les roues restent bien implantées aux quatre coins de la caisse au profit de la tenue de route et les poignées arrière sont toujours occultées dans les montants de portes, en vue de conférer au Juke un profil de coupé. Mais ce sont surtout les mensurations qui évoluent, notamment en longueur et à l’empattement (+7 cm à 4,21 m et +10 cm à 2,63 m). Au final, le Juke II perd un peu de l’aspect râblé de son prédécesseur, dont il se distingue encore en cédant à la mode du toit à teinte dissociée (noire dans notre cas).

 

A la différence du faciès, la partie arrière, qui semble inspirée du Qashqai, se fait plus conventionnels.

 

HABITACLE

L’espace de vie apparaît valorisé. La planche de bord se modernise et intègre un écran tactile de 8 pouces en partie central haute, un outil relativement intuitif mais pas toujours pas des plus réactifs. Nous avons par contre apprécié les boutons de raccourcis placés sous l’écran. Un affichage numérique figure également face au conducteur, entre compteur de vitesse et compte-tours.

 

La qualité des assemblages et des matériaux semble avoir grimpé d’un cran. En plus du volant à méplat, qui équipe désormais plusieurs modèles de la famille, notre exemplaire bénéficiait d’une finition bicolore et Alcantara (option réservée à la finition N-Design). A noter le positionnement inédit des diffuseurs … dans les appuis-tête avant (option audio Bose).

 

Nissan a tenté de corriger les lacunes du Juke originel en matière d’habitabilité, surtout à l’arrière où davantage de dégagements sont offerts en largeur et en hauteur. Mais l’espace reste exigu, de même que l’assise de la banquette reste encore trop courte.

 

Nissan annonce une contenance de coffre largement accrue, à 422 litres au lieu de 354 pour le Jule I, et 1305 (banquette rabattue) contre 1189. Merci au pratique coffre à double fond !

 

TECHNOLOGIE

Pour l’heure, le seul moteur proposé pour les 5 finitions (Visia, Acenta, N-Connecta, N-Design et Tekna) proposées par le Juke II est le turbo 3 cylindres 1.0-117 ch. Dans notre cas, il était associé à une boîte 7 double embrayage mais une unité manuelle à 6 rapports est également prévue.

 

Intégré à celles du volant, le bouton de commande du système de conduite semi-autonome Pro-Pilot est symbolisé par une icône bleue.

 

EQUIPEMENT

L’exemplaire mis à notre disposition était une finition dynamique N-Design agrémentée des Technology Pack (moniteur intelligent de vue périmétrique, ProPilot / Drive assist, contrôle angle mort, Alerte de vigilance intelligente, sièges avant et pare-brise chauffants, Alerte de trafic transversal et radars de stationnement avant) et Interior Pack Plus (garnissage sièges similicuir, tableau de bord revêtu d’Alcantara (ou de cuir) en coloris Interior Pack Plus, Système audio BOSE Personal Plus (6 HP à l’avant et sur les côtés et 2 intégrés aux appuie-têtes conducteur et passager).

 

LA GAMME EN UN CLIN D’OEIL (TVAC / hors options)

 

SUR LA ROUTE

Nous avons rapidement trouvé nos marques à bord, avec une position haute agréable et une ergonomie des commandes simple et efficace. Il ne faut pas longtemps pour apprécier le moteur. Sa discrétion est telle que nous avons parfois dosé avec optimisme la pédale de gaz lors de certains démarrages ; ce moteur n’est pas fait pour ceux qui roulent « à l’oreille ».

 

Il nous paraît largement suffisant pour les moins de 1200 kg qu’il doit déplacer. Le train avant rivé au sol et l’arrière qui suit sans broncher confirment l’efficacité du châssis ; le Juke dégage une impression de confiance. La direction est correctement calibrée mais le ressenti de la boîte manuelle aurait sans doute être plus précis dans son guidage. En tous cas à notre goût : il nous est arrivé plus d’une fois d’enclencher malencontreusement le 3e rapport plutôt que le 1er … Amateur !

 

Nous jugerons le Juke II de confortable sans plus mais si l’amortissement n’est pas « français », au contraire de certains, il ne nous a pas paru trop sec. En revanche, nous avons moins apprécié les bruits aérodynamiques assez présents sur autoroute. La différence de comportement et d’aptitudes entre les modes de conduite Eco, Normal et Sport est bien perceptible.

 

En se renouvelant, le Juke s’est paré du système ProPilot de conduite semi-assistée, avec des réactions parfois un peu trop promptes à notre goût pour certains systèmes de surveillance, tel l’angle mort par exemple. En parlant d’angle mort, le dessin original de l’auto constitue malheureusement une entrave en visibilité 3/4 arrière.

 

BILAN

Sous un dessin toujours un peu marginal mais sensiblement plus consensuel, le Juke II nous a laissé un a priori davantage positif que son prédécesseur lors de sa sortie en 2010. L’habitacle est agréable (surtout avec l’option Alcantara, exclusivement proposée pour la finition N-Design) et de belle qualité même. L’ensemble est appréciable à l’usage (peut-être un peu moins pour les passagers arrière, un peu à l‘étroit… sauf pour les enfants) et les qualités routières excellentes, même si d’aucun déploreront un confort un peu sec. Bref, cette deuxième génération bénéficie d’améliorations qui effacent la plupart des points faibles de son prédécesseur. D’autant mieux que la concurrence sur ce marché s’est bougrement élargie.


Story Nissan Juke (27.05.2020)

Lorsque nous l’avions découvert au Salon de Genève en mars 2010, le Nissan Juke nous avait fait une drôle d’impression. Honnêtement, nous le trouvions… bizarre. Juke ou Joke avions-nous alors titré. Mais si les avis à son sujet étaient pour le moins opposés, force est de reconnaître qu’au vu du succès qu’il a rencontré, c’est nous qui avions tort… Dès lors, la marque japonaise a-t-elle légitimement décidé de reprendre les grandes lignes de la première génération. (Marc Lacroix)

 

03 / 2009 : Présentation Concept Qazana, qui préfigure un futur petit SUV ;

 

03 / 2010 : Présentation Juke (Genève) ;

 

2011 : Présentation Concept Nismo (avril  à Tokyo) et R Concept (novembre) ; en 2013, 25 exemplaires du second seront comemrcialisés à 450.000€ / pce (V6 bi-turbo 3.8-530 ch ;

 

06 / 2012 : Présentation Juke Nismo 1.6T-200 ch (24 Heures du Mans) ;

 

09 / 2013 : Présentation Juke relooké (Francfort) ;

 

03 / 2014 : Présentation Juke RS, nouvelle déclinaison de 214 ch (Genève) ;

 

09 / 2019 : Lancement Juke II.