ESSAI SEAT LEÒN IV eTSI 1.5-150 ch et FR TDI 150 (14.11.2020)

Lors de sa présentation, la nouvelle SEAT León nous avait beaucoup plu. Restait à confirmer ces a priori en en prenant le volant. C’est ce que nous avons fait avec la eTSI à micro-hybridation 48V de 150ch, la plus classique diesel TDI de puissance équivalente. (Marc Lacroix)

 

Nous l’avons précisé dans notre présentation (voir ci-dessous), nous apprécions la ligne de la nouvelle León, qui est une belle continuité de la génération sortante, qui nous appréciions également beaucoup. CQFD. Son style plus latin que celui, plus germanique (sévère ?), des productions équivalentes du groupe VW lui donnera sans doute un petit avantage sur ce point. A titre personnel, nous regrettons la version SC mais ainsi évolue le marché en la défaveur des hatchback à 3 battants.

 

A BORD

Qualité perçue finalement assez moyenne, ce qui, en plus des plastiques durs (notamment les poignées de porte ou la console centrale) se manifeste au niveau des cuirs (panneaux de portes, accoudoir central) d’aspect bon marché ; c’est essentiellement à ce niveau que la León fait moins bien que ses cousines.

 

Planche de bord fonctionnelle et soignée ; gagne en connectivité mais cela est normal en même temps ! ; présentation moderne avec Digital Cockpit et écran central tactile 10 pouces qui nécessitera, comme la Golf, un peu de pratique pour assimiler les subtilités de cette ergonomie très personnelle ; quoi qu’il en soit, certaines fonctionnalités tactiles, telles le volume audio ou la climatisation, restent à notre sens bien moins pratiques et bien moins précises qu’un bon vieux bouton rotatif manuel, et bien que nous ayons trouvé la parade en tapotant sur la commande tactile plutôt que de glisser le doigt sur le bandeau censé représenter la ligne de volume ; en attendant, le fait de naviguer dans les méandres de cette « tablette » pourra rapidement s’avérer dangereux si vous ne veillez pas à ne porter votre attention que sur la route ; autant le préciser tout de go, c’est à notre sens le plus gros reproche que l’on peut faire à cette León. A noter le joli volant à méplat.

 

Bien que basée comme la cousine Golf sur la plate-forme MQB Evo, la León se fait 9 cm plus longue à 4,37m (10 cm par rapport à la León III) ; les 5 cm gagnés à l’empattement (2,69m) profitent aux jambes des passagers arrière ; à 380 litres, la capacité de coffre reste inchangée et dans le rang (3841 lit pour la Golf); plancher amovible / sous-coffre ; banquette rabattable 1/3-2/3.

 

SUR LA ROUTE

Pression sur le bouton Start (au milieu de la console) … C’est parti ! ; la réactivité du petit levier qui commande la boîte double embrayage DSG (comme sur la Golf) pourrait sans doute faire preuve d’un peu plus de promptitude (… comme pour la Golf !) ; il ne fut pas rare de devoir s’y reprendre à 2, voire 3 fois avant que le rapport soit effectivement enclenché.

 

Tant le système ACT (Activation Cylinder Time), qui met ponctuellement 2 cylindres en veille (au bénéfice de l’économie de carburant), que la micro-hybridation 48V (petite batterie Lithium-Ion et alterno-démarreur) agissent en toute discrétion ; le niveau de performances est suffisamment satisfaisant pour un véhicule tel que celui-ci. La León bénéficie de remarquables qualités routières et génère de belles sensations au volant : direction précise, excellente tenue de route, comportement dynamique à la demande… Dans ce dernier cas, la relative fermeté de l’amortissement joue bien entendu un rôle d’allié.

 

Aides à la conduite parfois trop intrusives à notre goût, ce qui se traduit par exemple par d’innombrables interventions sur le volant pour remettre le véhicule dans une trajectoire qui, le plus souvent, n’a pourtant rien d’anormal, et à la longue, cela pourra agacer… (il est bien entendu toujours possible de le désactiver) ; la régulateur de vitesse adaptatif se montre plus pondéré dans ses actions et réactions ; à noter cette alerte d’angle mort qui s’illumine dans panneau de porte conducteur (bandeau) : on ne sait pas le louper !

 

La version eTSI de la León partage la technologie hybridation à alterno-démarreur de la Golf éponyme, avec pour base le bloc à essence TSI 1.5-150 ch à désactivation des cylindres ACT et une unité électrique qui l’assiste ; possibilité de courts déplacements sur cette seule dernière. L’agrément de conduite est irréprochable pour cette eTSI autant que pour la TDI 150 ch testée par ailleurs. Parmi les nombreuses qualités reconnues de cette version au moteur coupleux et volontaire, la frugalité n’est certainement pas la moindre ! On ne voit que très doucement descendre l’aiguille de niveau de carburant. N’en déplaise aux écolo-bobos, assurément, elle reste le choix idéal pour les « dévoreurs de kilomètres ». Une chouette auto en tous cas !

BILAN

Maillon faible du trio qu’elle compose avec les cousines VW Golf et Audi A3 la León ? Pas si sûr ! Si elles sont similaires techniquement, chacune dégage sa personnalité et à ce titre, la León est loin d’être la plus moche, sans compter que la petite espagnole distille des atouts qui lui sont propres, en plus de ceux que les trois ont en commun ! Moralité, avec des cotes intérieures convaincantes et des réelles aptitudes routières, qui s’ajoutent à ce toujours excellent rapport prix/équipements, la León IV est assurément une belle affaire. Dommage cette électronique parfois trop intrusive, mais ceci valant également pour les trois autres, ce ne sera pas sur ce point que vous arrêterez votre choix !

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