Overdrive 2ème avec un BAIC Motor

Le Silk Way Rally, qui reliait cette année Moscou à Xi’an, en Chine, en 14 étapes et près de 10.000 km, a encore montré qu’il constitue un rallye-raid de longue haleine présentant une bien plus grande valeur sportive que le Dakar. Dommage que sa promotion ne soit pas à la hauteur de ce dernier. Pour peu, Peugeot, qui n’avait apparemment qu’à paraître pour s’imposer face à une concurrence un peu faible, aurait essuyé un cuisant échec si, comme l’an dernier, Cyril Despres n’avait sauvé la mise, imposant son 3008 DKR devant trois véhicules… chinois. (par Bernard Verstraete)

Au contraire de Peterhansel et Loeb, Cyril Despres a évité toute erreur trop pénalisante. (MCH)

La domination de Peugeot sur ce Silk Way Rally a certes été quasi totale. Les 3008 DKR Maxi ont remporté 10 des 13 étapes finalement disputées. Stéphane Peterhansel, leader un jour seulement, après son succès le 2e jour, s’en est adjugé 5, Sébastien Loeb 4 et Cyril Despres 1. Les seuls qui ont eu droit a quelques miettes sont l’Américain Bryce Menzies (Mini) dans l’étape 7, le surprenant Italien Eugenio Amos, qui profitait du contexte et des nombreuses défaillances de la concurrence pour remporter l’étape 10 sur un Buggy 2WD (ex-Sainz) à moteur Ford, et Christian Lavieille, dont on reparlera plus loin, dans l’étape 12.

Mais la performance n’était pas seule la clé du succès dans ce marathon fidèle à sa réputation de sélectivité. Comme l’an dernier, Stéphane Peterhansel perdait très rapidement toute chance de victoire en partant en tonneaux le 4ème jour. Déjà retardé de 2h30 dans cet incident, il concédait encore 50 minutes à cause de problèmes d’amortisseurs le lendemain. Entretemps, Al Rajhi (3h) et Menzies (40′) étaient retardés par des sorties de route et Cyril Despres par un égarement (50′).

A mi-parcours, Sébastien Loeb semblait ainsi avoir course gagnée, comptant plus d’une heure d’avance sur Despres et près de 2 heures sur Menzies et les étonnants véhicules « chinois » de Han Wei (Geely) et Christian Lavieille (BAIC Motor). Mais rien n’est jamais acquis dans ce Silk Way Rally. Le lendemain de la journée de repos, Loeb se faisait surprendre par une saignée. Il partait en tonneaux. Le soir, il décidait d’abandonner, souffrant d’un doigt fracturé.

Sébastien Loeb s’est laissé piéger alors qu’il semblait avoir course gagnée. (Red Bull)

Avec Cyril Despres héritant du commandement et seul en principe à pouvoir encore briguer la victoire, la pression montait dans le camp Peugeot car le quintuple vainqueur du Dakar à moto n’était pas épargné par les problèmes. Dans l’étape 10, il s’égarait quelque peu. Deux jours plus tard, il était retardé par une pompe de direction assistée défaillante. L’avant-dernière journée, dans de vraies dunes, pouvait encore tout changer. Mais avec Peterhansel à son service en assistance rapprochée (les rôles inversés, donc), Despres passait parfaitement le cap, avant que la dernière étape soit annulée pour cause de pluies diluviennes. Le « 3ème homme » de l’équipe s’offrait donc sa 2ème victoire consécutive avec Peugeot sur ce Silk Way Rally.

« Merci à David Castera (son équipier, NdlR) pour l’excellent travail qu’il a accompli durant ce rallye et merci à Peugeot de m’avoir donné cette opportunité de carrière », déclarait le Français à l’arrivée. « Merci aussi, aux ingénieurs de Peugeot Sport et à tous les mécaniciens d’avoir mis au point une voiture aussi compétitive. Je suis impatient de me retrouver au départ du Dakar 2018 avec la Peugeot DKR Maxi. C’est désormais clairement mon prochain objectif… »

La venue à sa droite de Tom Colsoul n’a pas suffi à calmer les ardeurs de Yazeed Al Rajhi. (Vermeij)

Longuement ensablées dans l’étape 13, les deux équipages officiels de Mini buvaient le calice jusqu’à la lie. Longtemps 3ème, et même 2ème après l’abandon de Loeb, Menzies sombrait après s’être aussi égaré. Il terminait 9ème, juste devant Yazeed Al Rajhi et Tom Colsoul.

Le début de la collaboration entre BAIC Motors, Overdrive et Christian Lavieille rencontre en beau succès. (SWR)

Belle satisfaction quand même pour la Belgique: un véhicule préparé par Overdrive, en l’occurrence le proto BAIC Motors V8 mené très adroitement et régulièrement par le Français Christian Lavieille montait sur la 2ème marche du podium. Quasi constamment dans le Top 5 après avoir remporté deux mois plus tôt une petite épreuve asiatique, Lavieille et son fidèle équipier Garcin continuent ainsi d’écrire avec Overdrive une page d’histoire en mettant une marque chinoise à l’honneur en rallye-raid.

Wei Han a pris une superbe 3ème place sur le buggy SMG rebadgé Geely. (Anton Elikov/SWR)

Mais ils ne sont pas seuls car Geely a complété le podium avec un équipage local, Wei Han-Liao Min, sur un Buggy construit par SMG. En fait, BAIC Motors et Geely, qui décrochent également les 6ème et 7ème places derrière la Peugeot de Peterhansel, ont largement animé la course au podium en se livrant à un beau chassé-croisé avec Menzies et avec Yong Zhou, qui a malheureusement envoyé son Toyota Hilux en tonneaux dans l’étape 9.

L’Italien Eugenio Amos a connu son heure de gloire en imposant don Buggy 2WD dans l’étape 10. Il termine aussi 4ème. (SWR)

Classement final
1. Cyril Despres/David Castera (F-Peugeot 3008 DKR Maxi) 41h46’25 »
2. Christian Lavieille/Jean-Pierre Garcin (F-BAIC Motor BJ4OL V8) +1h04’39 »
3. Wei Han/Liao Min (CHN-Geely SMG Buggy) +1h11’29 »
4. Eugenio Amos/Sébastien Delaunay (I/F-Ford TRX Buggy 2WD) +2h12’12 »
5. Stéphane Peterhansel/Jean-Paul Cottret (F-Peugeot 3008 DKR Maxi) +2h37’27 »
6. Binglong Lu/He Sha (CHN-BAIC Motor BJ4OL V8) +3h13’49 »
7. Kun Liu/Mingji Fang (CHN-Geely SMG Buggy) +3h26’07 »
8. Jérôme Pélichet-Eugénie Decré (F-Toyota Hilux) +3h27’46 »
9. Bryce Menzies-Peter Mortensen (USA-Mini JCW Rally) +4h05’50 »
10. Yazeed Al Rajhi-Tom Colsoul (UAE/B- Mini JCW Rally) +5h29’19 »
12. Zhitao He/Kai Zhao (CHN-Toyota Hilux Overdrive) +25h43’03 »
15. Mariia Oparina/Taisiia Shtaneva (RUS-Maverick X3) 1ères dames +27h33’20″…

En 2ème moitié d’épreuve, Cyril Despres bénéficiait d’une assistance de luxe en la personne de Stéphane Peterhansel, qui s’est quand même 5 victoires d’étape au passage. (Red Bull)