Première manche du Championnat du Monde d’Endurance, les 6 Heures de Silverstone ont été remportées ce dimanche par Toyota face à Porsche. La Toyota TS050 Hybrid de Sébastien Buemi, Anthony Davidson et Kazuki Nakajima s’est imposée devant un duo de Porsche. Mais ce succès fut bien loin d’être facile. Nettement moins que prévu d’ailleurs. 

Dominatrices aux essais sur une piste taillée pour leur package aéro « forts appuis », les Toyota prenaient d’emblée la tête d’un peloton ne comptant que 5 LM P1, preuve que la discipline est en crise.

L’apparition de la pluie, en trois temps, allait bouleverser les débats et sérieusement compliquer les choses pour l’équipe japonaise. Conservant leurs pneus slicks, contrairement aux Porsche qui chaussaient les fameux intermédiaires « hybrides » de Michelin (des ‘slicks’ à gomme tendre très performants aussi sous une pluie pas trop forte), les Toyota rentraient quelque peu dans le rang. Mais surtout, les pilotes de la #7 commettaient plusieurs erreurs. Si celle de Kobayashi n’était pas trop grave, il en allait autrement de celle commise en seconde moitié de course par José Maria Lopez, qui heurtait les barrières de protection à haute vitesse.

L’Argentin parvenait malgré tout à ramener aux stands une TS050 sérieusement endommagée. Après plus d’une heure de travail de la part des mécanos, la deuxième Toyota reprenait la piste pour engranger quelques points.

La TS050 Hybrid #8 s’est imposée, mais de justesse (Toyota Gazoo Racing).

Au terme d’un sprint final assez haletant, Sébastien Buemi parvenait in extremis, à 12 minutes de l’arrivée, à déborder la Porsche #2 de Bamber-Bernhard-Hartley pour s’offrir la victoire. Avec 6 secondes d’avance. La deuxième Porsche terminait troisième à 46 secondes.

Cependant, cette victoire de Toyota ne doit pas cacher la réalité: les troupes du constructeur japonais ont joué avec le feu et cette victoire qui leur était promise a bien failli leur échapper. Problèmes de barre antiroulis, choix tactiques discutables, erreurs de la part des pilotes… La tableau final n’est pas aussi rose que la victoire pourrait le laisser penser. Surtout que Porsche avait clairement « sacrifié » cette course en optant pour un package aérodynamique à faibles appuis en vue, déjà, de préparer les 24 Heures du Mans.

Le sprint final de Buemi a porté ses fruits, mais ce fut juste… (Toyota Gazoo Racing).

Prochain rendez-vous du WEC: les 6H de Spa, début mai, où Toyota alignera trois TS050 Hybrid, comme au Mans.