C’est par une météo on ne peut plus agréable, avec un dimanche aux allures d’été indien, que le millésime 2018 de Spa Six Hours a battu son plein ce week-end sur le plus beau circuit du monde, Spa-Francorchamps. Le public a répondu présent en nombre pour ne rien manquer de ce véritable festival de la voiture de course du temps d’avant, conjugué à tous les styles, qu’il s’agisse de monoplaces, prototypes, GT ou tourisme.

Incontestable tête d’affiche de ce rendez-vous signé Roadbook en collaboration étroite avec Graf von Faber-Castell, l’épreuve éponyme des Spa Six Hours Endurance a comme prévu tourné à la démonstration pour les innombrables Ford GT40 présentes au départ. Si la #92 du Britannique Olly Bryant, partie depuis la pole position, était d’emblée contrainte à l’abandon, la lutte allait faire rage entre la #30 de Marcus Graf von Oeynhausen et du Belge Nico Verdonck, la #7 de Davies-Young-Newall, la #8 de Hart-Hart-Pastorelli et la #37 de Walker-Griffith-Shedden. Ayant déployé une stratégie parfaite, le duo Graf von Oeynhausen-Verdonck avait le dernier mot face à Davies-Young-Newall et Walker-Griffith-Shedden, ce qui permettait à un pilote belge de s’imposer à domicile, ce qui n’était plus arrivé depuis… 1994 et le succès de Blaton-Braillard-Dieudonné sur une autre Ford GT40 !

A noter la très belle prestation d’Eric van de Poele au volant de la Ford GT40 #21 de l’Américain Jim Farley, finalement contrainte à l’abandon sur bris de câble d’accélérateur. La meilleure non-GT40 était la diabolique Lotus Elan 26R #13 de Pittard-Balfe-Stirling, 7ème du général et lauréate de sa classe, qui s’offrait le luxe de devancer la plus véloce des Jaguar E-Type, la #16 de Clark-McCaig-Smith. A noter la victoire de classe de la très belle Triumph TR4 SLR #50 de White-Payne, qui n’est pas passée inaperçue ce week-end.

 
Cette édition 2018 de Spa Six Hours a incontestablement été marquée par les victoires belges, puisqu’outre du succès de Nico Verdonck, Christophe D’Ansembourg a été l’homme du week-end, imposant à deux reprises sa superbe Lola Aston Martin DBR1-2 aux couleurs de Gulf en Masters Endurance Legends, avant de récidiver samedi lors de la Course 1 du FIA Masters Formula One Historic Championship, cette fois au volant de sa Williams FW07C ex-Reutemann.

D’Ansembourg devait par contre se contenter de la 2ème place dimanche, derrière l’autre Williams FW07 de l’Irlandais Mike Cantillon, après avoir… heurté le mur de pneus à la sortie du Pif-Paf ! Mais en faisant résonner à trois reprises la Brabançonne, le pilote belge était l’homme du week-end !

Un titre que peut aussi revendiquer l’Allemand Marcus Graf von Oeynhausen, qui a doublé sa victoire aux Spa Six Hours Endurance d’un succès dans le Jaguar Classic Challenge dimanche après-midi, cette fois aux commandes d’une E-Type. Parlant parfaitement le Français, le double lauréat du week-end avait peine à contenir son émotion sur le podium.

De ce week-end pas comme les autres, on retiendra encore le succès autoritaire de l’exceptionnelle McLaren M6B ex-Jo Bonnier dans l’épreuve FIA Masters Sports Car Championship, les frères Andrew et Maxim Banks prenant le meilleur sur la meute de Lola T70 emmenée par Olly Bryant, enfin verni, et le duo Voyazides-Hadfield.

De superbes bolides, il en état plus que jamais question dans les Woodcote Trophy et Stirling Moss Trophy réunis, qui ont consacré l’inévitable Chris Ward et sa Lister Knobbly d’une part, le duo Wakeman-Blakeney Edwards sur Cooper T38 de l’autre. A noter la 4ème place dans le Woodcote Trophy de la Jaguar D-Type de Monteverde-Pearson.

La débauche de V8 rugissants des Gentlemen Drivers Pre-66 GT Cars a tourné à l’avantage de la Shelby Cobra #76 de David et Olivier Hart, la paire hollandaise devançant la version Daytona de Voyazides-Hadfield et la Shelby Cobra de Gans-Wolfe. Remarquable 4ème place de la Bizzarrini 5300 GT de Nolte-Funke.

Côté voitures de tourisme, McInerney-Keen ont imposé leur Ford Mustang en Masters Pre-66 Touring Cars devant la Ford Falcon Sprint de Gardiner-Wolfe et la Ford Mustang de Fenn. Victoire Alfa Romeo par contre en U2TC, avec un Olivier Hart vainqueur pour la deuxième fois du week-end, du haut de ses 19 ans ! Le fils de David Hart a imposé sa Giulia Sprint GTA dans la foulée du Goodwood Revival, devançant les Ford Cortina Lotus de Balfe-Wolfe et Martin-Haddon.

Les protos ont été les rois de l’Historic Sports Car Club, avec la Lola T292 de Brooks-Brooks lauréate en Course 1, et la Lola T282 ex-Lafosse de Voyazides en Course 2.

Chris Goodwin a imposé à deux reprises sa Lotus 22 dans une superbe compétition de Formula Junior, tandis que l’Historic Grand Prix Cars Association a vu Rudi Friedrichs (Cooper T53) et Michael Gans (Cooper T79) se partager les succès, l’Américain de Suisse l’emportant au sprint en Course 2 dans un grand panache de fumée, la mécanique de son bolide rendant un dernier souffle au passage de la ligne d’arrivée !

Quant à la course des Pre War Sports Cars programmée dès vendredi après-midi, elle a fait l’unanimité, avec une quarantaine de bolides datant des années ’20 et ’30, et au final la victoire de l’Alvis Firefly de l’Allemand Rudi Friedrichs devant la magnifique Alfa Romeo 8C 2300 de Martin et Niklas Halusa et la Bentley ¾ d’Ewen Getley. Magique…

C’est avec des souvenirs, des images, des sons et des odeurs plein la tête que le public s’en est retourné au terme de cet excellent millésime 2018 de Spa Six Hours, en se promettant de revenir dans douze mois emprunter une fois encore cette formidable machine à remonter le temps…

Source : Com, Photos : Juha Bos