Le Tour de Belgique 2017 a livré son verdict, favorable à Damien Chaballe-Yannick Albert qui offrent une première victoire à la Citroën Visa GTi en « Marathon » et à Stéphane Blaise-Marc Sevrin qui signent la passe de deux à bord de leur Porsche 911 en catégorie Tour de Belgique.

Comme c’est fréquemment le cas dans les épreuves de régularité, les classements avaient évolué entre la première diffusion – officieuse – et leur officialisation. Au terme de la journée de samedi, diverses modifications avaient été enregistrées dans les deux catégories, des pénalités ayant été indûment attribuées à certains équipages suite à un problème technique et informatique. Au moment de s’élancer pour l’ultime journée, Eric Piraux-Catherine Monard (Renault 5 Alpine) avaient retrouvé le leadership en « Marathon » devant Damien Chaballe-Yannick Albert (Citroën Visa GTi), Yves Deflandre-Joseph Lambert (Porsche 911), Danier Reuter-Christian Bernard (Porsche 914/6) et Patrice Simon-Vincent Duchesne (Porsche 924). En Tour de Belgique, les tandems Pascal Gonin-André Lys et Stéphane Blaise-Marc Sevrin – tous deux sur des Porsche 911 – restaient aux premières loges, devant Jens Vanoverschelde-Ingrid Peeters (VW Karmann Ghia), Michel Closjans-Renaud Herman (Porsche 356 Pré-A) et André Godechal-Benoît Rémion (Audi Quattro).

Entraînant les concurrents vers l’est du pays via notamment la côte du Néblon puis Mormont et Gouvy, l’étape matinale proposait un joli lot de difficultés qui surprenaient même les plus aguerris : « Nous avions dépassé Damien Chaballe-Yannick Albert au classement et nous étions revenus près des leaders… avant de commettre à notre tour une erreur à Elsenborn », racontait Joseph Lambert. Piégés à Gouvy, Michel Closjans-Renaud Herman avaient de leur côté perdu leurs chances de podium en Tour de Belgique.

Le verdict en fin de course

Une nouvelle fois, les dernières difficultés allaient donner à l’épreuve sa physionomie définitive. Parfaitement drivé par Yannick Albert, Damien Chaballe signait un sans-faute dans les ultimes RT et s’imposait de haute lutte au volant de la Citroën Visa GTi dont il disposait pour la première fois : « En optant pour cette auto plus récente et donc affectée d’un plus gros coefficient que ses rivales, je prenais un risque. Mais la Visa a tourné comme une horloge du début à la fin et s’est révélée très performante dans toutes les conditions ; cette petite traction m’a séduit et je me demande si à l’avenir, je ne l’utiliserai pas plus souvent que prévu. J’avais déjà terminé ce Tour aux places d’honneur, il me manquait une victoire… Eh bien voilà, c’est fait ! Et la bagarre a été chouette. Je tiens en tout cas à tirer un fameux coup de chapeau à Yannick Albert : croyez-moi, il appartient bien au gotha de sa corporation. »

La médaille d’argent est revenue à Yves Deflandre-Joseph Lambert, soulagés d’en terminer avant que la nuit tombe vraiment car le système électrique de la Porsche donnait de gros signes de faiblesse. Enfin, les vainqueurs 2016 Eric Piraux-Catherine Monard ont rallié l’arrivée au troisième rang après avoir perdu gros dans la côte de Trasenster où ils ont encaissé près de 50 points contre une vingtaine à leurs adversaires directs.

Le top 5 de la catégorie « Marathon » est complété par Patrice Simon-Vincent Duchesne impeccables de bout en bout sur la Porsche 924S, et Daniel Reuter-Christian Bernard, handicapés en fin de course par une panne de Blunik et des ennuis d’autobloquant sur leur Porsche 914/6. On trouve ensuite la plupart des autres équipages pointés au départ parmi les outsiders, dans l’ordre Jacques Evrard-Yves Noelanders (Porsche 911), Johnny Delhez-Eddy Gully (Ford Escort RS), Raymond Venier-Cédric Sluysmans (Lancia Fulvia), Alexandre Delhez-Eric Chapa (qui ont étrenné de belle manière la Ford Anglia) et Tony Kevers-Baudouin Halleux (Porsche 911).

Tour de Belgique : rebelote pour Blaise-Sevrin

Côté Tour de Belgique, deux équipages disposant de Porsche 911 – du même millésime, 1976 – se sont livré un duel de toute beauté et ont donné à l’arrivée une superbe démonstration de sportivité en se congratulant avant même de connaître le verdict définitif : « C’est génial de se battre ainsi pendant tout le rallye sans pouvoir se permettre le moindre relâchement tant les écarts sont serrés », commentaient en chœur Pascal Gonin, André Lys, Stéphane Blaise et Marc Sevrin.

Les seconds nommés l’ont finalement emporté, conservant ainsi leur titre devant… Jens Vanoverschelde-Ingrid Peeters. Ceux-ci ont en effet surpris les ténors en signant un superbe parcours à bord de la VW Karmann Ghia pilotée de bout en bout par le premier nommé : « Si nous avions initialement prévu d’alterner les rôles, Jens s’amusait tellement au volant… et il se débrouillait si bien que je lui ai juste demandé de disputer un RT », racontait en souriant Ingrid Peeters. « Mais au bout du compte, il a conduit jusqu’à l’arrivée… et quand on voit le résultat, c’est très bien ainsi. En plus d’être un équipier de premier plan, il s’est également révélé un redoutable pilote ! »

Longtemps aux avant-postes, Pascal Gonin-André Lys ont dû se contenter de la médaille de bronze, précédant André Godechal-Benoît Rémion (Audi Quattro) et les Piret père et fils (BMW 318i). Bien revenus durant la seconde journée, Gaëtan Schoonbroodt-Amélie Gonay (Ford Escort RS) ont conquis la sixième place devant Michel Closjans-Renaud Herman (Porsche 356 Pré-A), Laurent Simon-Serge Cathenis (Porsche 911), Jean-Claude Mathoul-Patrick Van Damme (Alfa Romeo SV) et les frères Johan et Peter Gitsels (Porsche 911 SCRS).

EN BREF

Concessionnaire au grand cœur : on a beau vendre et entretenir des Ford, on peut aussi venir en aide à des concurrents défendant un autre pavillon ; la preuve avec les établissements Devillers, concessionnaires de la marque à l’ovale à Barvaux. Samedi soir, le patron en personne n’a pas hésité à quitter un repas de famille pour rouvrir l’atelier sur le coup de 21h00 pour donner un coup de main à Gautier et Jean-Marc Piret dont la BMW 318i souffrait d’un gros souci au niveau de l’amortisseur arrière droit : « Sans son intervention, notre premier Tour de Belgique s’arrêtait là », racontaient le père et son fils évidemment ravis de pouvoir poursuivre leur route. « Nous devons une fière chandelle à Monsieur Devillers et nous tenons à le remercier chaleureusement de son geste aussi sympa que sportif! »

Vacheries : à plusieurs reprises, des concurrents se sont retrouvés coincés derrière des vaches passant d’une prairie à l’autre. Dimanche en fin de course près de Winamplanche-Spa, les trois leaders de la catégorie « Marathon » sont passés tout juste avant qu’un fermier décide d’emmener son troupeau dans le pré voisin et leurs suivants n’ont eu d’autre choix que de suivre patiemment en colonne les… safety-vaches.

Tableau d’honneur : de ce Tour 2017, on retiendra encore le prix de la plus belle voiture décerné à l’Alfa Romeo Giulia SV 1963 de Jean-Claude Mathoul-Patrick Van Damme, la Coupe des Dames attribuée à Isabelle Dogne-Christel Wuidart (DAF 55 Marathon) et les Trophées des Circuits récompensant Deflandre-Lambert (Marathon) et Blaise-Sevrin (Tour de Belgique)

CLASSEMENTS

Tour de Belgique : 1. Blaise-Sevrin (Porsche 911) 420,2 pts ; 2. Vanoverschelde-Peeters (VW Karmann Ghia) 452,6 ; 3. Gonin-Lys (Porsche 911) 514,5 ; 4. Godechal-Rémion (Audi Quattro) 750,8 ; 5. Piret-Piret (BMW 318i) 892,9 ; 6. Schoonbroodt-Gonay (Ford Escort RS Mk1) 968,3 ; 7. Closjans-Herman (Porsche 356 Pré-A) 971,1 ; 8. Simon-Cathenis (Porsche 911) 995,7 ; 9. Mathoul-Van Damme (Alfa Romeo Giulia SV) 1085,5 ; 10. Gitsels-Gitsels (Porsche 911 SCRS) 1220,5 ; etc.

Marathon : 1. Chaballe-Albert (Citroën Visa GTi) 445,7 pts ; 2. Deflandre-Lambert (Porsche 911) 450,3 ; 3. Piraux-Monard (Renault 5 Alpine) 456,4 ; 4. Simon-Duchesne (Porsche 924S) 683,2 ; 5. Reuter-Bernard (Porsche 914/6) 799,8 ; 6. Evrard-Noelanders (Porsche 911) 1139,1 ; 7. Delhez-Gully (Ford Escort RS Mk1) 1418,2 ; 8. Venier-Sluysmans (Lancia Fulvia) 1516,6 ; 9. Delhez-Chapa (Ford Anglia) 1918,8 ; 10. Kevers-Halleux (Porsche 911) 1937,9 ; etc.