Plus jeune pilote du plateau de l’Eurocup F3 Renault, le Bruxellois de 16 ans entame, ce week-end à Monza, une importante saison d’apprentissage. Les sept jours d’essais collectifs avec l’expérimenté team italien JD Motorsport lui ont permis de déjà se mettre en évidence et de gagner la confiance nécessaire pour performer.

Après sept jours d’essais collectifs à Magny-Cours, au Castellet puis à Barcelone destinés à apprivoiser la nouvelle Tatuus-Renault Turbo F3-R, Ugo de Wilde s’apprête, cette fin de semaine en Italie dans le cadre de la Blancpain Endurance Series, à débuter sa campagne en Eurocup Formula Renault. Un moment très attendu par notre espoir désormais scolarisé au Mans, à l’école du sport auto de la FFSA Academy.

« Après un très long hiver, je suis effectivement impatient que les choses sérieuses démarrent, » confie un vice-champion de France de F4 reconnaissant envers toutes les personnes lui permettant de poursuivre son rêve pour une troisième année déjà en monoplace. « Je suis conscient de la chance que j’ai d’être là et je compte bien la saisir. »

Huit teams, 24 pilotes, 15 nationalités

Avant toutes choses, resituons d’abord un peu l’Eurocup Formula Renault sur l’échelle de la monoplace. La FIA a décidé de remettre de l’ordre dans les formules inférieures à la F1 et pour l’instant c’est encore un peu confus…

« La pyramide F1-F2-F3 a été mise en place dans le cadre des Grands Prix pour une plus grande compréhension de tous, » explique Ugo. « La F2 a remplacé la GP2 et la F3 FIA prend désormais la place de la GP3. La F3 FIA peut être comparée au championnat du monde de F3 avec des autos propulsées par un V6 atmosphérique développant 360 chevaux. L’Eurocup se situe juste en dessous et sert d’étape intermédiaire entre la F4 et la F3 FIA. Disons que c’est le championnat d’Europe de F3 même si la finale se disputera à Abu Dhabi. 75% de la grille actuelle de la F1 est passée par l’Eurocup Formula Renault dont trois anciens champions (Bottas, Gasly et Norris). La FR2.0 de l’an dernier a été remplacée par le nouveau châssis Tatuus baptisé F3-R avec le moteur 1.8 Turbo bridé à 270 chevaux de la Mégane RS ou de l’Alpine Cup et le Halo imposé par la FIA. Pour vous donner une idée, cela devrait tourner en 2’12-2’13 sur  Francorchamps, soit des performances se situant entre une F3 traditionnelle et une GT3. Le championnat est composé de 8 teams alignant trois voitures, soit 24 autos attendues sur la grille avec 15 nationalités de pilotes représentées. »

Benjamin du peloton, sans pression avec un plan sur deux ans

Le gratin de la génération montante avec une moyenne d’âge de 18 ans. Benjamin du peloton comme souvent depuis ses débuts en karting, notre représentant, lui, est le seul qui aura 16 ans durant toute la saison. De quoi lui ôter une certaine pression et pouvoir envisager un plan sur deux ans à ce niveau.

« Je sais qu’en général on dit une année pour apprendre la deuxième pour gagner. Pas mal de champions en Eurocup ont été sacrés au terme de leur 2e voire troisième année. Ce fut notamment le cas de Jeffrey Van Hooydonk en 1997 (avec le team JD Motorsport!), de Stoffel Vandoorne en 2012 (5e en 2011) ou encore des deux derniers lauréats en titre Sasha Fenestraz et Max Fewtrell. Il y a sept redoublants et deux pilotes ayant déjà couru en F3 l’an dernier. Sur certains tracés comme Monaco où les essais se limiteront à une séance libre avant la qualification, ils bénéficieront d’un énorme avantage. Mais sur d’autres que je connais déjà ou à Yas Marina que je découvrirai comme eux, je compte bien tirer mon épingle du jeu. L’objectif est clair : je vise un Top 5 au championnat et le titre de meilleur « rookie ». Cela n’exclut pas évidemment quelques coups d’éclats, quelques podiums. Lors des essais hivernaux, j’ai régulièrement pointé dans le Top 5 et je me suis souvent montré parmi les plus rapides des débutants. De bon augure. Je ne veux surtout pas décevoir toutes les personnes me soutenant. J’aimerais aussi pouvoir vite intéresser un constructeur ou intégrer une filière car sinon cela risque de ne plus être financièrement possible même si j’ai la chance d’avoir pas mal de partenaires très passionnés. »

Eviter les accrocs à Monza, pour la course à domicile de son team JD Motorsport

Un dernier mot sur son team italien qui roulera à domicile ce week-end sur l’Autodromo di Monza où ils avaient signé la pole en 2018 avec le régional Lorenzo Colombo.

«On se connait maintenant depuis déjà cinq mois et l’entente est parfaite, » se réjouit Ugo. « Ils sont vraiment très pros et très passionnés. Je travaille bien avec mon ingénieur Emanuele Vaiuso. Je prends des cours d’Italien mais pour l’instant on communique en Anglais. Ils disputent l’Eurocup pour la 25e année et ont remporté le titre à quatre reprises, notamment avec Enrique Bernoldi ou Gianmaria Bruni. Pour ce premier week-end, je ne veux surtout pas me mettre la pression. J’ai disputé trois courses ici il y a deux ans lors de mes débuts en F4. C’est un tracé très rapide, à l’ancienne, où l’aspiration va jouer un grand rôle. On a aura six séances libres d’une petite heure ces jeudi et vendredi pour définir les meilleurs réglages avant la première qualification et la première course de l’année samedi. Pour mes débuts à ce niveau, je vise juste deux arrivées sans accroc. Et je suis convaincu que si c’est le cas, je ne serai pas très loin de mon objectif… »

Source : Com