Ugo de Wilde est entré dans l’histoire de l’Eurocup Formula Renault en devenant, samedi à Monza, le plus jeune vainqueur (16 ans 4 mois et 20 jours) en 47 ans d’Eurocup Formula Renault. Et pour ajouter à l’émotion, le Bruxellois a reçu son trophée des mains de Fernando Alonso. Un moment qu’il n’oubliera jamais. Une première victoire qui en appelle forcément d’autres lors de la suite de ce championnat. Moins de réussite ce dimanche par contre avec une qualification sous la pluie gâchée par une pression pneumatique trop basse puis un crash dès le premier freinage…

C’est une véritable journée de rêve qu’a vécu samedi Ugo de Wilde pour ses débuts officiels en Eurocup Formule 3 Renault. Cela a débuté dès le matin en qualifications par un superbe 2e chrono à moins de deux dixièmes de du redoublant local Lorenzo Colombo, déjà en pole ici l’an dernier en FR2.0

« Comme il y avait une forte probabilité de pluie pour dimanche, on a pris le pari de passer nos deux trains de pneus neufs lors de cette séance, » expliquait Ugo ravi du bon tour joué. « Et cela a parfaitement fonctionné. J’ai utilisé le premier pour une sorte de warm-up puis avec le second j’ai disputé la pole. A quatre reprises je me suis retrouvé premier au moment de franchir la ligne mais Lorenzo a finalement eu le dernier mot. »

Pour sa première course au niveau international avec 22 jeunes loups de 15 nationalités, le pilote JD Motorsport s’élançait donc en première ligne dans le temple de la vitesse de Monza. Et le rêve allait se poursuivre avec une première victoire au terme d’une course parfaite. Les derniers Belges à s’être imposé sur l’Autodromo en monoplace étaient Jérôme D’Ambrosio en 2007 (Formula Master) puis Stoffel Vandoorne en 2013 et 2014 (FR3.5 puis GP2).

«J’ai pris un super envol, » racontait le benjamin du peloton. « Après 100 mètres, j’ai vu que Lorenzo se rabattait derrière moi. J’ai donc viré en tête à la première chicane et j’ai ensuite vu dans mon rétroviseur que Lorenzo Colombo est parti en tête-à-queue derrière moi (accroché par Maini Kush). J’ai donc de suite pu creuser un petit écart. Hélas, après un demi tour, j’ai vu les panneaux safety cars. »

Tout était à refaire. Mais Ugo gérait très bien la relance en ne permettant pas à son équipier Leonardo Lorandi de profiter de son aspiration.

« J’ai attaqué d’emblée très fort pour creuser un petit écart. Leo a commis une petite faute à Lesmo et j’ai pu prendre le large. Ensuite, j’ai géré mes pneus et mon avance culminant à 2.6 à quelques tours de l’arrivée. Je n’ai plus pris aucun risque sur la fin. Je freinais trop tôt partout pour ne surtout pas risquer de perdre cette première victoire. Je ne peux pas vous décrire ce que j’ai ressenti en franchissant le drapeau à damier en vainqueur tellement c’était fort. Beaucoup de pression s’est de suite envolée. Tout ce travail pour trouver le budget, tous les gens qui m’aident et croient en moi, les sacrifices de mes parents, le soutien de mes amis, partenaires, je ne pouvais pas les remercier d’une plus belle manière. C’était totalement inespéré. Un vrai rêve. Avec comme cerise sur le gâteau une légende comme Fernando Alonso me remettant mon trophée après la Brabançonne. En me levant dimanche matin je n’en revenais pas encore. »

Disputée sous la pluie, la deuxième journée allait, hélas, s’avérer nettement plus compliquée.

« On s’est complètement loupé en qualifs, » regrettait Ugo. « On est parti avec une pression trop basse pensant que la pluie n’allait pas revenir et que le chrono allait se faire lors des cinq dernières minutes. Malheureusement, il s’est remis à pleuvoir durant la séance qualificative. Et j’ai été coupé deux fois dans mon élan. La première par un Full Course Yellow et la seconde avec un drapeau rouge. On a annulé mon meilleur chrono quatre dixièmes plus rapide car le FCY a été brandi 200m avant la ligne. On a vraiment joué de malchance. Mais c’est la course. On avait la bonne stratégie samedi, mais pas dimanche… »

Treizième sur la grille de départ, Ugo était heureux de démarrer derrière la voiture de sécurité. Mais cela n’a pas suffi pour éviter le crash dans des conditions dantesques…

« Au moment de lancer la course, avant même la ligne de départ, deux voitures se sont déjà accrochées. Lancés à 230 km/h en ligne droite, on ne voyait rien, même pas le feu rouge de la voiture devant. C’était de la folie. J’ai décidé de lever et de freiner tôt, à 300m, pour ne pas prendre de risque. Mais cela ne m’a pas empêché de percuter la voiture devant moi. Je n’ai absolument rien vu venir. Je suis désolé pour Xavier Lloveras auprès duquel je me suis excusé et pour le team. En un tour, sept voitures ont été éliminées dans la deuxième partie du peloton et j’en ai malheureusement fait partie. La qualification est encore plus importante sous la pluie. J’espère qu’on ne se loupera plus la prochaine fois. Le bilan du week-end est néanmoins très positif. Au final, je pointe au 3e rang du championnat à cinq points seulement du leader Victor Martins et une unité de mon équipier Léonardo Lorandi. Vivement dans quatre semaines à Silverstone où je serai encore plus fort. »

Au championnat après Monza

  1. Martins (Fra) 30 points ; 2. Lorandi (Ita) 26 ; 3. Ugo de Wilde (Bel), Smolyar (Rus) et Kush (Ind) 25 ; 6. Colombo (Ita) 15 ; 7. Piastri (Aus) 12