ESSAI MAZDA MX-30 e-SKYACTIV SKYCRUISE – INDUSTRIAL VINTAGE–JET (20.01.2020)

Notre première impression en découvrant le nouveau Mazda MX-30 lors de sa présentation était plutôt favorable. Il est vrai que pour son 1er véhicule électrique, la marque d’Hiroshima a joué à fond la carte de la séduction, avec un look des plus réussis. En revanche, l’annonce de sa philosophie à batterie de petite capacité nous laissait plutôt dubitatifs. Quoi de mieux dès lors pour se faire une idée précise… que de l’essayer. Réflexion après test. (Marc Lacroix / illustrations constructeur) 

 

Le design extérieur façon coupé est plutôt séduisant. Voilà qui confirme notre première impression sur base de photos.

 

A BORD

Ambiance élégante et soignée ; jolie console « flottante » ; matériaux inédits et respectueux de l’environnement (ex. bouteilles PET recyclé, cuir en clone végétalien…) ; qualité et assemblage de haut niveau ; instrumentation reprise au CX-30 et adaptée au mode de fonctionnement électrique du MX-30 ; certains menus et onglets également spécifiques pour infodivertissement ; commandes chauffage inutilement doublées (pression et tactile) pour ventilation et température ; volant chauffant seulement 10h10 ! ; en plus de l’équipement de notre haut de gamme SkyCruise, notre exemplaire ajoutait systèmes d’alerte antifatigue conducteur avec caméra, d’aide au trafic, de surveillance d’angles morts (marche avant et arrière) avec fonction freinage, caméra 360°, toit ouvrant et audio Bose 12 HP.

 

Portes arrière antagonistes étroites et assez lourdes (dispositif nommé Freestyle ; clin d’œil à la RX-8 de 2003) ; accès à bord facilité par l’absence de montant central mais pas pratique car portes avant obligatoirement ouvertes pour pouvoir manipuler les postérieures ; garde à la tête plutôt étriquée à l’arrière ; réglable longitudinal et en inclinaison du dossier du siège conducteur à partir de commandes intégrées à celui-ci ; poche aumônière seulement au dos siège passager ; volume coffre 366-1171 litres.

 

SUR LA ROUTE

Petit son artificiel ; châssis de qualité qui filtre plutôt bien les irrégularités du bitume ; bon freinage ; confort de bon niveau, acoustique compris ; plutôt sympa à conduire ; couple (270 Nm) presque toujours disponible ; manque de nerf mais dépassements jamais vraiment problématiques.

 

Très compact, plus léger et moins onéreux, le bloc batterie et ses à peine 35 kWh (généralement 50kWh) limite forcément l’autonomie ; descente vertigineuse de l’autonomie sur autoroute, où il ne faudra pas espérer faire plus de 120 à 10 km ; 170 km envisageables sur routes ; peut-être plus encore que d’autres voitures électriques, la MX-30 nécessite une conduite anticipative et une exploitation maximale de la régénération, gérable via les palettes au volant, qui servent à doser l’intensité du freinage régénératif ; à la maison (220V), recharge environ 50 km sur une grosse nuit ; inutile de préciser que si votre pied droit venait à se laisser aller, vous ne tarderiez pas à le regretter…

 

A noter :

Quand compteur indique 0%, il reste encore pour plus ou moins 5% en guise de sécurité ultime ;

En cas de panne, la voiture peut être tractée mais uniquement quand les roues motrices (avant) ne touchent pas le sol (éventuellement possible à 30 km/h maxi sur une courte distance).

Batterie plate, on peut toujours mettre la boîte en neutre et déverrouiller le frein à main.

 

BILAN

Avec sa MX-30, sa première voiture électrique, Mazda joue clairement à contre-courant, tant pour le design (base CX-30 mais look spécifique, qui au demeurant constitue sans doute un de ses atouts majeurs), que pour ses choix techniques (plus petite batterie avec autonomie réduite). Mais alors qu’à l’instar des propriétaires de GTi, qui comparent le 0-100 km/h de leur bolide, on entend souvent ceux qui roulent en voiture électrique faire de même avec les caractéristiques spécifiques du leur (autonomie, temps de recharge), ce modèle d’apparence plutôt sportive ne pourra rivaliser avec personne. Certes, le MX-30 ne manque pas d’intérêt, mais à condition essentielle d’accepter son autonomie limitée et le fait que ses prestations n’ont rien de sportives. En d’autres termes, si vous en faites un usage intensif et majoritaire (exclusif !) en ville, ou comme 2e véhicule. Cela dit, le prix d’appel à 33.490€ (SkyMove) constitue un autre atout non négligeable.

 

Articles Mazda