Essai Land Rover Defender 110 D240 – avec vidéo (31.07.2020)

Remplacer un modèle aussi emblématique que le Defender n’est jamais un exercice facile. Conscient de cette réalité, Land Rover a pris le temps de faire les choses et nous a concocté un tout nouveau modèle au look rétromoderne bien pesé. A priori une réussite selon nous mais qu’en est-il à l’usage. C’est ce que nous avons voulu savoir en prenant le volant d’un 110 D240. (Marc Lacroix)

Nous ne reviendrons pas sur la présentation de ce modèle, que nous vous avons proposée hier en détails, si ce n’est pour vous préciser qu’une fois à côté de ce véhicule on se rend vraiment compte qu’il en impose.

A BORD

Pour intégrer l’espace de vie du Defender, il faut clairement… grimper à bord. Après, la position assise élevée dégage une excellente visibilité panoramique et les sièges offrent un bon confort. Les multiples réglages de siège et de direction (hauteur et profondeur) permettent de trouver une position idéale. Vu le gabarit de la « bête », on est assurément moins à l’étroit que dans le modèle sortant. Il en va de même à l’arrière où l’espace habitable est géant. Tout attrayants soient-ils, certains matériaux nous ont plutôt parus incompatibles avec l’usage en tout-terrain, leur texture particulière rendant difficile le nettoyage des taches qui s’y sont imprégnées.

 

Indépendamment de la boîte à gants, qui pourra juste contenir les documents de bord, les espaces de rangements sont nombreux et variés (jusqu’en partie basse de la console ou dans le panneau de la porte arrière) et notre exemplaire disposait aussi de nombreuses prises de 12V et USB, tant à l’avant qu’à l’arrière (console, tableau de bord, dos de sièges avant). Le frigo (2 « puissances » de froid) dont nous disposions fut aussi très apprécié.

 

Notre version S profite aussi – entre autres – en série de l’assistance de route automatique pour les feux LED, jantes de 19 Silver, console standard avec accoudoir (pas de console en version d’entrée), sièges avant ajustables 12 directions, système infodivertissement Pivi Pro 10″ avec écran interactif du conducteur et la suspension pneumatique à gestion électronique avec système Adaptive Dynamics.

 

Dans notre cas, nous disposions aussi du rétroviseur intérieur ClaearSight à visibilité optimisée par caméra (option à 693€ pour les Defender et S mais de série pour les autres). A noter derrière celui-ci le petit pare-soleil pour faire écran. Et sur le capot, notre exemplaire était affublé de plaques à damiers synthétique grainé… Très « aventurier »…

 

SUR LA ROUTE

Sortant d’un Discovery D240, donc équipé du même moteur, la comparaison était facile et le verdict est clair et net, le 2 litres 240 ch et 430 Nm est bien plus intrusif ici ; manifestement, l’insonorisation n’a pas été aussi poussée, ce qui peut s’expliquer par l’aspect et la vocation davantage utilitaire du Def par rapport à son petit frère. Mais malgré cela, un voyage à la Côte d’Azur sera bien plus agréable qu’avec le modèle sortant, qui lui était particulièrement bruyant et peu confortable. L’autoroute sera par ailleurs l’occasion de se rendre compte qu’en dépit du profil du Defender, les bruits de vent sont très peu présents.

 

Avec ses dimensions de mastodonte, le Defender se conduit désormais davantage comme un… Range. En d’autres termes, facilement ! Et si vous haussé le rythme sur des petites routes, ce pourquoi il n’est pas vraiment prévu, son comportement est plus que convaincant ! Surprenant même ! La dureté du confort de son prédécesseur n’est plus qu’un lointain souvenir. Désormais, avec sa suspension pneumatique de série, le Defender 110 offre un confort de bon aloi. Dommage que la boîte ait cette tendance à parfois hésiter à changer de rapports (tant à la descente qu’à la montée), ce qui est un peu gênant. Mais bon…

 

Le Defender « ancien » était une « bête » en off-road, le nouveau l’est tout autant. Sinon davantage encore ! Terrain Response 2 et antipatinage sont incroyablement efficaces et les obstacles sont avalés avec une facilité déconcertante. Franchement impressionnant…

 

BILAN

C’est question de goût mais la découverte du Defender 110, imposant, joliment habillé d’une robe au style rétro adroitement dessinée, a, pour nous, été un enchantement. Son passage à l’ère moderne ne l’a pas empêché de respecter ses fondamentaux, avec une certaine forme de rusticité contenue et toujours des capacités incroyables en off-road. Mais s’il reste un vrai tout-terrain en pratique, on se demande presque s’il ne s’est pas trop embourgeoisé pour encore se risquer en zones hostiles. Quoi qu’il en soit, pour nous, ce nouveau Def est une incontestable réussite, un avis, nous en sommes tout aussi persuadés, que les aficionados du modèle sortant ne partageront pas. Reste quand même un point important : le prix. Lui aussi s’est embourgeoisé… Les 100.000€ seront vote atteint avec un 110 un peu équipé. Cela dit, le Defender n’a jamais été bon marché !